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March 10 10 questions à se poser... ...si vous dites que « ça va » alors qu'en fait vous pensez que « ça va pas » 1 - « Suis-je conditionné par la télévision ? » Si, après y avoir bien réfléchi, vous avez répondu « non », passez au 2 directement... Mais sinon (enfin, si oui)... Si vous savez que, comme la société de consommation réduit l’humain à sa dimension économique de consommateur, la télévision réduit l’information à sa surface, l’image, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que ce média prône la passivité, donc de la soumission, qu'elle ne cesse de régresser l’individu, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que, par nature, la télévision exige la rapidité, qu'elle ne supporte pas les discours de fond, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la télévision est polluante dans sa production, dans son usage puis comme déchet, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la télévision n'est, finalement, qu'un moyen de divertissement, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous ne le saviez pas et que vous le découvrez ici, ou si vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. Pourquoi ne pas lui préférez autre chose ? Personnellement, j'ai choisi la création, apprendre à jouer de la musique, faire et regarder des spectacles vivants, et envoyer des « informations subversives » en postant des articles de ce genre... Mais cela reste du simple divertissement. Pour m'informer j'ai fait le choix de la radio (sans pub), de la lecture (sans pub), du théâtre, du cinéma (sans pub), des rencontres, etc. 2 - « Suis-je dépendant de ma chère automobile ? » Si, après y avoir bien réfléchi aussi, vous avez répondu « non », passez au 3... Je vais pas le répéter à chaque fois, d'accord ? Je pense que vous avez compris le système, non ? Mais sioui... Si vous savez que, l’automobile est le symbole de la société de consommation, qu'elle n'est pas seulement un « objet », et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez qu'elle est réservée aux 20 % les plus riches des habitants de la Terre, qu'elle nous conduit TOUS inexorablement au suicide écologique par épuisement des ressources naturelles (nécessaires à sa production) ou par ses pollutions multiples qui, entre autres, engendre la montée de l’effet de serre, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez qu'elle provoque des guerres pour le pétrole (dont la dernière en date, je crois, est le conflit irakien), et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez qu'elle a aussi pour conséquence une guerre sociale qui conduit à un mort toutes les heures rien qu’en France, qu'elle est l'un des fléaux écologique et social de notre temps, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si, à la question « Que feront nous lorsque, brutalement, il n'y aura plus de pétrole ? », vous répondez soit « on s'en fiche ! » ou « on passera au nucléaire », et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous ne saviez pas tout ça et que, incrédules, vous le découvrez ici, ou si vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. Personnellement, j'ai refuser l’hypermobilité. Mais je voyage quand même, je vous rassure. Je n'ai pas pour autant brûler mon auto, simplement vendue. Et depuis je covoiture (ça existe comme verbe ça ?). J'ai fais le choix d'un lieu de vie PUIS d'un emploi possible, et pas l'inverse. Mais on y reviendra, c'est un sujet délicat, ce foutu « travail »... J'ai choisi la marche à pied, la bicyclette et les transports en commun pour la ville (ah oui, j'habite en ville, je ne vous l'avais pas encore dis), et le train pour aller voir si la campagne et les montagnes sont encore là (oui, j'habite aussi près des montagnes... quelle chance j'ai, non ?) 3 - « Partir deux semaines vers l'un des quatre coins du Monde est-il vraiment enrichissant ? » « Bien sûr ! », ok, prenez l'autoroute jusqu'au 4. Mais si vous êtes convaincu que « Voyager, c'est vivre ! », et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que moins de 10% des Humains ont déjà pris l'avion, que c'est un privilège (je ne compte pas les charters...), et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que moins de 1% l’emprunte tous les ans et qu'ils représentent donc les très riches des pays riches, ceux qui détiennent les médias et fixent les normes sociales, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que l'avion est le mode de transport le plus polluant par personne transportée, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que, du fait de sa grande vitesse, il rend artificiel notre rapport à la distance (que peut-il bien y avoir d'intéressant entre le point A et le point B ?), et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous ne le saviez pas et que, passablement agacés par cet article, vous commencez à moyennement bien le vivre, alors ça va pas. Personnellement, j'ai traversé l'Atlantique une fois, en avion, je vous rassure encore, et là, comme vous, je me suis dis « C'est sûr, il n'y a rien d'intéressant entre le point A et le point B », sauf si vous aimez nager. Mais j'ai aussi fais un joli voyage à vélo pendant 11 semaines (oui, ça fait deux fois plus que les congés payés que l'on octroie au salariés, mais ça aussi, on y reviendra...) et bien là, ni point A, ni point B, ou alors ils changeaient de place chaque jour. C'est sûr, je n'ai vu ni ruines, ni temples Inca en Europe, mais des coins magnifiques que les Européens ne doivent pas soupçonner. Par contre, combien connaissent les coins « à faire au moins une fois dans sa vie, et vite, parce que dans 10 ans, les touristes auront tout envahi » ? Bref, je vous conseille le vélo, mais les randonnées aussi. Bref, prenez le temps, zut ! On dit que la vie est courte, je dis que tout dépend comment on la remplie ! 4 - « Suis-je irrémédiablement enchaîné à mon portable ? » « Moi, je m'en passe quand je veux et je... ah attends, j'ai un coup de fil. Je te reprends juste avant le 5» Si vous savez, comme tout le monde aujourd'hui (non??) que le système engendre des besoins qui deviennent des dépendances, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que le téléphone est un faux besoin créé artificiellement par la pub, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez qu'il n'y a pas que le portable qui correspond à la phrase du dessus, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les objets gentiment proposés par la publicité ne sert qu'à remplir une espèce de vide existentiel, et que, chanceux que vous êtes, vous le vivez bien, alors ça va (ça va fort, avec St Yorre) Si vous avez l'impression de plus communiquer avec les dames des répondeurs qu'avec vos amis, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous vous sentez obliger d'avoir un portable, pour « communiquer », pour « rester au contact des gens que vous aimez », que bon, finalement, ma vie sociale doit être a ce prix (l'abonnement, les hors forfaits, les pollutions hertziennes, le coût énergétique du matériel, etc.), et que vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. Personnellement, j'ai eu un portable, longtemps, j'étais jeune et avide d'être « in », d'être « à la page », et surtout de ne pas être un ringard... Puis j'ai arrêter, comme j'aimerai arrêter la cigarette, d'un coup comme ça, une fausse lettre à Orange, et enfin, la liberté ! Je n'étais plus pris de honte lorsque mon appareil sonnait dans un cinéma, je ne rouspétais plus lorsque je ..pass......ous.....n...tunnel, ou quand la batterie me lâch...ça va couper chérie ! Bon, du reste, la majorité des gens que je connais ont garder le leur et du coup ça donnait plutôt des conversations tronquées (voir plus bas). Mais j'ai repris un fixe, vous savez ce téléphone que l'on ne peut pas emmener dehors, je suis sûr que si vous demandez à vos parents, eux ils voient de quoi je veux parler. On en fabrique encore, si, si ! Je me suis remis à envoyer des lettres aussi, j'aime bien écrire ça tombe bien. Et puis je passais à l'improviste chez les gens. Ils aimaient pas trop au début et puis ils se sont habitués, ça mettait de la surprise dans leur journée. « Ouais excuse moi, c'était ma copine qui me disait qu'elle allait me rappeler bientôt. De quoi on parlait déjà ? » (vous voyez le genre...) 5 - « Suis-je dépendant des Supermarchés ? » Si vous répondez une tartuferie du genre « on a pas le choix » ou « c'est comme ça ! », je vous en pris, prenez la queue pour la caisse n°6, oui il y a un peu d'attente je sais mais qu'y puis-je moi ?! Si vous me dites « c'est bien beau de critiquer mais tu propose quoi ?! », là, je reste bouche-bée parce que je n'ai fais que poser une question... Si vous savez que le but premier de la grande distribution n'est pas de vous faire découvrir de nouveaux produits mais de consommer toujours plus de pétrole et d'énergie en général, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que le travail de la caissière ou du manutentionnaire est des plus abrutissant, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les gros 38 Tonnes que vous croisez sur les routes ont un impact écologique des plus désastreux mais soit-disant nécessaire, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la grande distribution élimine plus d'emplois en ville qu'elle n'en créer à l'extérieur mais que bon faut bien manger, et que donc vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les zones commerciales, les 2x2 bordées de magasins, objectivement, c'est laid, mais que bon ça créer de l'emploi, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la grande distribution favorise l'agriculture intensive et les OGM, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que grâce à l'argent que vous dépenser dans ces consommations et que vous lui offrez ne servira qu'à... vous faire consommer encore plus (publicité, nouveaux produits, extase gustative, jouissance olfactive, bref, je m'égare, pardon, etc), et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez, enfin, qu'en France, en Europe, voire dans le Monde, le nombre de paysans et d'agriculteurs est en chute libre et que, peut-être, vous venez de comprendre pourquoi mais que vous le vivez toujours aussi bien, alors ça va. Non parce que certains disent que ça ne va pas durer, l'énergie pas chère, et que donc pouf finis les supermarchés et que va-t-on devenir après, bref des racontars tout ça, des radicaux, des extrémistes... Par contre, si vous en avez marre de ne jamais trouver de place au micro-parking de votre micromarché, si, après qu'un ami à vous, vous à fait goûter une carotte qui avait plus le goût de carotte que les carottes que vous aviez acheté chez Carouff, vous aviez, grand fou, remis en doute la qualité des légumes du magasin sus-nommé, que si vous rouspétez à la vue queues pardon des files d'attente aux caisses, aux pompes et pis tout ce choix, finalement, plus on en a et plus on en veux et plus on met de temps à choisir, tu parles d'un progrès, là je vois bien que vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. Pour tout dire, personnellement, je n'ai pas boycotter les supermarchés comme beaucoup d'extrémistes (limite terroristes) qui prônent la guerre totale aux centrales d'achat (Si vous ne comprenez pas ce mot, je vous conseille d'aller sonner chez Monsieur Christian Jacquiau, un type qui parle beaucoup, certes, mais ça ne l'empêche pas de dire des choses intéressantes). Eux sont Bio, des totalitaires Bio. Bio par-ci, bio par-là. J'ai essayé, au début, il y a longtemps mais ça m'a ruiné. Et pourquoi je vous le demande ? Parce que j'avais changé de crémerie mais pas de crème. J'y avais jamais réfléchis avant. Je bouffais une crème qui avait goût de crème, en pack de 12 pots tout plastifiés, et c'était bien comme ça. Jusqu'à, donc, que je constate que ma crémière claquait tout le fric que je lui donnais pour s'acheter sa dose de crack. Du coup, je change, normal, je ne voulais pas mettre mon grain de sel sur le marché de l'emploi des dealers. Et ça tombait assez bien puisqu'à deux pas venait de s'ouvrir une autre crémerie, tenu par un Musulman français, donc un mec bien. Mais lui aussi avait un commerce à faire tourner et du coup sa crème à lui, vendue à l'unité, était bonne, vraiment, tellement qu'elle avait dû demander un travail fou et du coup son prix l'était aussi, fou. Et depuis, j'ai rencontré Marcelle la fermière qui habite dans la montagne que je vois de chez moi, elle, elle me donne contre quelques menus travaux que je ne citerai pas ici, non, n'insistez pas, un bon pot de crème tout droit sorti d'une vache, une vraie, qui broute de l'herbe et pas de ces saloperies de soja et de maïs. Marcelle m'a apprit à cuisiner, à faire des petites choses avec mes mains, non pas de ce genre gros dégoutants, des choses qui se mangent, qui se dégustent, et c'est bon donc moi ça va, merci. Il est pas plus ludique d'un coup cet article ? Il suffit d'un peu d'humour à la Cavanna. 6 - « Est-il raisonnable de manger de l'auroch à chaque repas ? » « C'est quoi un auroch ? », ok, toi tu vas me lire « Et le singe devint con », oui, emmène le au boulot, ça fera marrer ton chef j'en suis sûr. « Je sais pas mais de toute manière des fois on mange du poisson ! » et là on en reparle au 7. Et pour tout ceux qui disent que l'on mange de la viande depuis toujours et que c'est bon quand même un petit auroch aux morilles, là, c'est vrai, j'avoue, ça me donne l'eau à la bouche d'un coup. Mais sinon... Si vous avez vu « Notre pain quotidien » ou « We feed the World » et que les petits poussins balancés par des machines qui ressemblent à des machines pour s'entrainer au tennis, ça vous à fais sourire, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez dans quelles conditions sont élevés nos steaks, nos escalopes, et nos blancs de poulet, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la quantité de céréales allouée à nos steaks pourrait nourrir un gamin du Tiers-Monde pendant un an (faut dire qu'il ne bouffe pas encore comme nous, le pauvre), et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les terres agricoles allouées aux sus-dits céréales pourraient servir à autre chose, comme en faire des zones militaires, des aéroports ou des Mega-supermarchés, ou alors... rien, les laisser tranquilles ces parcelles, pour que les lapins, les aurochs et les randonneurs puissent gambader tranquillement, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les prix de la viande sont indexées sur le prix de l'énergie, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les poulets à 21 jours, ceux que l'on trouvent en Supermarché, c'est un peu forcer un gamin de 7 ans à devenir David Douillet, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que cette surconsommation de calories fait le bonheur des vendeurs de régimes, qui, soient dit en passant, viennent d'être reconnus inefficaces par les autorités sanitaires françaises, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous osez dire aujourd'hui, au XXIème siècle, en France, que la viande bah on peut dire ce que l'on veux, c'est cher, que c'est un luxe mais que ce soir on a des invités et qu'on va quand même pas leur faire manger des graines germées et du soja déshydraté (qu'on aura prit soin de réhydrater, sinon, ça s'appelle des gâteaux apéro et tant qu'à faire autant acheter des Monsters Munch ou des 3D au fromage), mais que quand même une bonne bavette avec des frites ça a sacrement bon goût quand même, et bien là je sens que vous êtes loin mais alors très loin de moyennement bien le vivre, alors je peux pas dire que ça va pas. Moi aussi, j'aime bien l'auroch, c'est goulu. Mais c'est vrai que je me souviens de mon père disant que lorsqu'il était petit, le vendredi, c'était poisson, et je me souviens de mon enfance où le samedi, c'était poulet frites et on pouvait toujours courir pour en avoir un autre dans la semaine ou alors fallait avoir vraiment bien travailler à l'école et bon bref, moi j'en avais rarement. Ou alors fallait se plaindre, se mettre à pleurer et bon là j'étais pas assez mesquin pour ça. Mais aujourd'hui c'est la crise, les prix explosent et c'est pas dû à l'inflation seulement. Alors je me rappelle comment c'était bon les gratins de pâtes, ou les tartes végétariennes. On disait pas végétarienne avant, on disait... des tartes. Mais on est obligé de créer des mots aujourd'hui parce que le modèle libéral à récupérer le « traditionnel » à tous les niveaux. L'agriculture traditionnelle, ne vous y trompez pas, c'est l'extensive, celle avec les gros bidons de saloperies qu'on déversent sur les champs jusqu'à les pourrir pour des centaines d'années, en gros, c'est le progrès. Mais certains n'aiment pas le Progrès, certains fous, même, n'y croient plus. Ils pensent que ça n'a même jamais existé. C'est comme si l'histoire de l'Homme était un gros livre où, tout au long on parle de Progrès, on le voit même parfois, surtout quand certains nous le montre, mais qu'à la fin l'Homme à régresser. Bref, une maison dite traditionnelle, c'est en béton par exemple, pas du tout en terre crue avec un toit en chaume. On pourrait parler de l'éducation traditionnelle, celle qui se passe à l'école mais là, je vous sens pas chaud pour enfoncer cette porte. Faut dire qu'elle est énorme celle là, du bon gros PVC traditionnel. Allez dire qu'à l'école on nous endoctrine simplement pour qu'on aille dans le droit chemin, pour qu'on file droit (c'est dingue toutes ces bonnes choses avec « droit » et pas gauche...). Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une sorte de lavage de cerveau, puisqu'il n'y a rien à laver encore, mais quand même, je vais le penser... 7 - « Est-il raisonnable de faire venir des produits des coins du Monde ? » « Je vois pas le problème. », lève la tête et dis moi combien d'avion tu vois ? 8 ? Super, suis-les. Si vous savez que lorsque vous achetez une banane antillaise, vous consommez aussi le pétrole nécessaire à son acheminement vers nos riches pays, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que lorsqu'un paysan africain cultive des fèves de cacao, il ne cultive pas de quoi se nourrir, lui et ses bambins, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez, en plus, que ce paysan n'a pas les moyens d'acheminer lui-même ses produits en Europe, qu'il doit donc passer par quelques intermédiaires en commençant par quelques dirigeants corrompus, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous pensez qu'il pourrait vendre son stock à ses voisins, là, je peux plus rien pour vous... Si vous savez que, non loin de chez vous, des paysans, un peu les même qu'en Afrique (à quelques détails près...) produisent de ces merveilles pour la bouche, qu'ils concoctent des produits dans des conditions autrement différentes que les produits de chez Carrouf et pour, en moyenne, le même prix, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez ce que « autosuffisance » veut dire et les avantages que celle-ci comporte pour tous, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez, depuis peu, que manger de l'auroch n'est pas une fin en soi (peut-être une faim en soi ?) et que vous vous êtes retourner sur le saumon Norvégien ou le lieu noir en pensant faire une bonne action malgré le fait d'habiter à 80 km de Clermont-Ferrand, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous ne le saviez pas et que vous le découvrez ici, ou si vous vivez moyennement bien le fait que l'on trouve des produits européens sur le continent africain à des prix défiant toutes concurrences, c'est à dire les produits africains eux-même, alors ça va pas. Personnellement, je mets de côté le problème de l'auroch et je retourne voir Marcelle pour qu'elle me cuisine un magret confit dont elle a le secret. Et puis, comme c'est bon et qu'elle en a un sacré stock, faut dire qu'elle a une grande mare et que donc tous les canards du voisinage viennent s'y poser à chaque saison (bon, une seule fois par contre) et bien je lui ai proposé, à Marcelle, pas au canard, de créer un groupement d'achat. Comme ça, elle, elle vend à un prix raisonnable et nous on se goinfre de magret à moins cher que via une grande surface. Bon après, on est passé à ses fruits et ses légumes. Elle en a un sacré stock aussi, faut dire qu'elle a des champs complets de pruniers et de patates et que toutes les prunes et les patates du voisinages viennent s'y poser à chaque saison. Elle a des choux raves aussi, mais ça, chut, on lui chourave... 8 - « Suis-je obliger de suivre l'idéologie de la croissance ? » Si, après y avoir bien réfléchit, vous avez répondu « bah oui... », allez vous faire cuire un 9, pas de fatalisme ici bas. Mais sinon... Si vous savez qu'une « croissance matérielle infinie dans un monde aux ressources finies » est impossible, vous ne faites que répéter ce que vous entendez dans les médias alternatifs et bon ça change pas grand chose, vous n'avez pas plus de succès en politique, ni avec les filles d'ailleurs, non, vraiment c'est trop abstrait pour qu'on s'attarde sur cette phrase. Si vous savez qu'une puce, celle que l'on trouve dans les ordinateurs, pas sur le chien, nécessite 32 litres d'eau pour sa conception, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que, principalement, ce sont les pays développés qui ont accès à l'outil informatique (qui comporte plus d'une puce en son sein...) et les pays sous-développés, pas encore civilisés je veux dire, eux, n'y ont pas accès, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez, entre outre, que passer sa vie sur Internet n'est pas une fin en soi, alors vous pouvez oubliez les deux précédentes phrases... Par contre, si vous savez, et vous le savez, que l'eau c'est un peu la Vie, on en trouve partout mais de moins en moins qui soit potable, relisez la seconde phrase, celle sur les puces, et si vous le vivez toujours aussi bien, alors ça va. Si vous savez que les deux lobes du cerveau néo-libéral, le FMI et la Banque Mondiale, sont dirigés par deux socialistes français, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que, finalement, notre gauche et leur droite, ont le même projet et utilisent les mêmes moyens pour y arriver, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous avez déjà écouté attentivement Jean-Marc Sylvestre et Claude Allègre et que vous le vivez bien, alors ça va... Si vous savez que Nicolas Sarkozy avait prévu 5% de croissance lorsque de sa prise de pouvoir, oui de son élection pardon, et que vous avez une bonne envie de rire, ne vous gênez pas, moi, je le vis bien en tout cas. Si vous savez que le système dans lequel nous vivons est basé sur la nouveauté, toujours de la nouveauté, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que le système dans lequel nous vivons est basé sur le « toujours plus », dans quelque domaine que ce soit, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez qu'être « responsable », c'est « répondre de ses actes », et que vous ne voyez pas très bien le rapport mais que vous le vivez bien quand même, alors ça va. Mais sinon, si je vous l'apprends, et j'en doute, et si vous avez l'impression de combler le trou de vos vies serviles dans la réussite et la possession de biens matériels, si vous en avez marre de passer pour un ringard parce que vous avez décider, suite au plantage du PC de Bill, de réinstaller le même version de Fenêtre parce que c'était la seule version que vous aviez sous la main et que bon Vista c'est pas trop au point, comme d'habitude en fait, les utilisateurs servent de testeurs, que vous croulez sous les MP3, vous en avez tellement que vous n'en écoutez pas la moitié, que vous repensez, un brin nostalgique, à vos bons vieux CD de Gun's and Roses, que vous avez vendu 3 francs 6 sous (même pas la moitié d'un euro !) « Y'a pas de petits profits » qu'ils disent mais franchement vous auriez pu les donner parce que vous pouvez les re-télécharger gratuitement et illégalement chaque jour comme des dizaines d'autres albums, que les vêtements que vous achetez, vous ne savez même plus trop pourquoi vous les achetez, mais ce n'est certainement pas parce que les anciens sont usés, que tout augmente mais surtout votre loyer et pas vraiment votre salaire donc si vous le vivez franchement moyennement bien, alors ça va pas. Personnellement, j'ai donner dans la croissance-attitude. Surtout petit à vrai dire, je n'arrêtais pas de grandir, chaque année plusieurs centimètres et puis un jour je me suis mis à réfléchir, je me suis dis que si ça continuait comme ça je serai grand comme le Général et que bon ça ne pouvait pas continuer. Alors ma courbe de croissance s'est mise à grimper moins vite et aujourd'hui, ça y est, j'ai une croissance 0 ! Comme quoi avec de la volonté... Mais je n'étais pas au bout de mes surprises car si je devais changer de vêtements régulièrement à cause de ma croissance, lorsque celle-ci tomba à zéro, je continuais à changer de vêtement. Très vite mon armoire, non pas Normande mais Suédoise, se remplie et je dû me séparer de plusieurs culottes, puis tee-shirts, puis pull-over, puis des pantalons en velours, puis des anoraks. Mais la place créée se comblait aussi vite. Je changeais donc d'armoire et en pris une plus profonde, plus haute, plus large mais toujours Suédoise, j'aimais bien les formes de l'ancienne. Très vite, je pris conscience de ma maladie, celle du « toujours plus ». Pendant que je m'esquintais sur ma Suédoise, je ne voyais pas que le reste de ma chambre subissait lui aussi les affres de ma maladie. Ma collection de Disques Compacts, que l'on nommera plus tard CD, plutôt de DC d'ailleurs, prenait des proportions gigantesques, et je m'étais abonné à 12 mensuels sur des sujets aussi passionnant que les lapins, les aurochs, les alpinistes, la production pétrolière, la croissance économique et la crise de la démocratie de représentation dans un capitalisme financiarisé. Je dois avouer que je n'ai pas lu toute la collection en ce qui concerne les lapins. Mais j'étais malade, et de plus en plus malade ! Je prenais une année de plus chaque année, je demandais à mon père d'abattre de murs dans ma chambre pour avoir plus d'espace mais je lui demandais en même temps d'en rebâtir pour y mettre plus de portes, plus de fenêtres. Au bout d'un certain temps, j'avais coloniser la maison. Et pour avoir plus de parquet, indéniablement plus beau que le lino, j'en avais mis jusque sur les murs. Chez le boucher, lorsqu'il me disait : « Y'en a un peu plus, je vous le laisse ? », je répondais : « Toujours, toujours plus ! ». Et je vieillissais en gagnant toujours plus d'années. Ma voracité avait atteint la maison des voisins, que j'avais racheté pour plus d'argent que quiconque, j'avais transformé les anciennes chambres des enfants en cave pour y stocker plus de bouteilles, j'avais abattu le mur mitoyen entre les jardins et j'avais plus de terrain ! Un beau jour, je fus pris par l'envie d'avoir plus de douche donc plus de savon, mais l'un d'eux tomba à terre et glissa sous mon pied et je tombais. Boum. En me relevant, un peu groggy, je vis mon visage devant la glace et, stupeur, moi qui n'avais jamais été chez le coiffeur pour avoir plus de cheveux, je remarquais quelque chose à laquelle je n'avais jamais porté d'attention, sur le dessus de mon crâne, il y avait un trou, une absence de cheveux. J'avais moins de cheveux qu'avant ! Et c'est là que je compris que « tout ce qui monte doit irrémédiablement redescendre » : les lapins, les auroch, les alpinistes, la production pétrolière et la croissance économique. 9 - « Ne suis-je finalement plus qu'un outil, servant la société de consommation ? » Pour beaucoup, pas de besoin de réfléchir longtemps, la réponse est « Non, je ne suis pas qu'un outil ! » et on en reparle dans au 10. Mais sinon... Si vous savez qu'un des rêves les plus fou du capitalisme est de créer de la valeur sans s'embêter avec des travailleurs, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que la machine peut remplacer l'homme, et qu'elle le fait de plus en plus, et qu'en même temps nos dirigeants disent « déclarer la guerre au chômage », et que vous le vivez bien, alors ça va. Si, après avoir saisi l'étendue du paradoxe des phrases précédentes, vous vous demandez quand viendra votre tour mais que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous voyez le rapport entre les allemands des années 40 et les travailleurs des 40 dernières années, ceux qui sont là pour « produire », et que vous le vivez bien, alors ça va. (Et les petits malins qui répondent que c'est « 40 » ont tord.) Si vous pensez qu'il est légitime que certaines entreprises, au nom du productivisme, nous refilent des saloperies polluantes de leur conception à leur mise à la poubelle, en passant par leur utilisation, et, surtout, que des hommes, pour des raisons plus que louables (achat d'une maison, des enfants à élever, un loyer à payer, etc.), se donnent corps et âme pour cela, que vous êtes peut-être l'un de ceux là, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous trouvez que, effectivement, il y a un lien entre les allemands des années 40, qui ne faisaient que consciencieusement leur travail pour le bien de leur employeur, et les prolétaires des dernières années (le mot seul a disparu, pas les hommes) et que vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. Personnellement, je n'étais qu'une machine durant toutes mes années de salariat, on me mettait sur « on » aux alentours de 9h et sur « off » vers 18h, entre les deux un abrutissement total. Mais j'avais la chance de ne pas avoir de « Grand Projet », ni appartement, ni voiture, ni prêts à rembourser, non rien que de la consommation. Abruti par le travail, je m'abrutissais de nouveau le soir devant la télévision. Et puis un jour, le flash, le vertige, le tilt qui m'a fait comprendre. Bien sûr, impossible pour moi de continuer longtemps comme ça. Mais je fais quoi maintenant hein ? J'ai cherché une solution pour sortir de là, et je cherche encore puisque lorsque je cours dans une direction, je fini systématiquement par me prendre un mur, à croire que je suis enfermé. Et ça m'ennuie un peu d'être enfermé et de me retrouvé devant ces grands murs de béton. Je pourrais peut-être le franchir mais j'aurai besoin d'aide, besoin de personnes pour me faire la courte échelle. Et de l'autre côté, peut-être, je trouverai des outils, des vrais cette fois, pas des hommes, non, mais des masses, des burins, des cornes d'auroch et qu'ils me permettront de démolir cette immonde barricade. Évidement, je ne trouve personne pour me faire la courte ou dès que l'on essaie, avec les camar... avec les copains, des Robocops arrivent, tout de bleu marine vêtus, et nous prient de stopper cela, gentiment au début, et en nous tapant dessus si jamais on obéit pas. Une fois, je me suis réveillé à l'hôpital, couvert de bleus, et je me suis dis que, peut-être, si je voulais être heureux je devais accepter cette vie, me trouver un petit boulot sympa, une petite femme sympa, un petit appartement sympa, bref tout plein de choses petites et sympa, et tout faire pour oublier ce qu'il peut bien y avoir derrière le Mur, tout faire pour me convaincre qu'il n'y a rien de mieux qu'ici. Même si personne n'a jamais été voir. Enfin, c'est ce que disent les journaux. Mais le bruit court qu'un petit nombre de personne est passé de l'autre côté un jour, il y a longtemps, c'est un peu une légende maintenant, vous voyez le genre, une sorte de mythe. Mais bon, on me dit si souvent qu'il faut sourire à la Vie, chanter la Vie, danser la Vie, que bon j'ai fini par me faire à cette idée. Alors à l'extérieur, je souris, mais au fond de moi, bien caché, je suis un peu triste mais je ne dois pas le montrer sinon, c'est la Police Psychologique qui arrive direct. C'est chouette la Démocratie. 10 - « Suis-je en cohérence avec moi-même, fais-je preuve d'intégrité ? » Si vous répondez que, définitivement, « cet article est trop long, il n'intéressera personne et que je me pose trop de questions », vous avez sans doute raison mais que voulez vous, on ne change pas le Monde avec des aphorismes. Et toc. Si vous savez que certains journaux tentent de faire passé l' « intégrité » pour une sorte d' « intégrisme », et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que cette « intégrité » est en réalité une qualité, et non, donc, le « respect intransigeant d'une tradition », comme on essaie de nous l'inculquer, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous êtes au courant des pollutions causées par l'aéronautique et que vous travaillez pour EADS, mais que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous êtes au courant des pollutions causées par l'automobile et que vous ne ratez pas un seul Grand Prix de Formule 1 mais que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous connaissez l'histoire de la Grenouille, que vous vous y reconnaissez, et que vous le vivez bien, alors ça va. Sinon, je vous la raconte après ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous laissez si démuni. Si vous savez que le pouvoir en place veut que vous soyez entreprenant mais pas trop quand même et que vous savez que c'est ça la démocratie d'aujourd'hui mais que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les bâtiments construits de nos jours sont des gouffres énergétiques mais que « la RT2005 et le HQE nous sauverons tous » et que vous travaillez en bureau d'étude en temps que petit dessinateur, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que nos poubelles débordent, et vous le savez puisque même la pub le dit, qu'on s'en débarrasse en les brûlant, qu'elles sont composées à 80% de choses organiques et qu'on a jamais vu de l'eau prendre feu, et que vous le vivez quand même bien, alors ça va. Si vous savez que vos chaussures et vos vêtements en général sont fabriqués pour l'équivalent d'un bol de riz mais que vous avez fait le choix de l' « équitable », soit deux bols de riz, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous connaissez le prix d'une retouche pour un jean troué et que vous décidez quand même de vous débarrassez du vieux et d'en achetez un neuf, et que vous le vivez bien, alors ça va. Par contre, si vous venez de réaliser qu'on nous prend vraiment pour des cons, que, comme dit la chanson, « Changer le monde commence par se changer soit même », que la souffrance gagne chaque jour un peu plus de monde sur Terre (la Terre commence à sérieusement souffrir elle même mais ne vous en faites pas, elle se soigne très bien toute seule, elle éradiquera ce qu'elle considèrera un jour comme parasite) et que vous le vivez moyennement bien, alors ça va pas. « Devenir quelqu'un d'entier, c'est chiant pour les autres », voilà ce qu'on m'a dit lorsque j'ai clamé bien haut que je vivrais désormais pour mes convictions et que je ne courberais plus l'échine, enfin j'essaierai parce que c'est pas simple (relire la conclusion du 9 si nécessaire). Mais quel bonheur d'être en accord avec soit même lorsque personne ne l'ai vraiment à moins d'avoir changer ses idéaux, en s'étant persuadé que la liberté, la vraie, c'est la voiture vraiment, que les Français et les Européens et les Occidentaux, qui malgré tout ne représentent que 20% de la population mondiale, n'ont pas à ses plaindre, que la vraie dictature se trouve ailleurs, sûrement pas chez nous, la preuve pouf pas de guerre depuis 50 ans. Ouais, pas de guerre visible, avec baïonnettes et chair à canon. Mais peut-être une nouvelle sorte de guerre, non ? Une plus respectueuse des droits de l'Homme, une sorte de guerre sociale, ou économique, ou socioéconomique tant qu'à créer une expression aux termes antinomiques, non ? Les morts ne seraient plus appelés comme ça mais « précaires », « chômeurs », ou en tout cas des « victimes du néolibéralisme », cette chose que même les néo-libéraux, pourtant de plus en plus nombreux, ne contrôlent plus vraiment. Voilà, on a retrouver la fameuse « main invisible » d'Adam Smith, et elle est en train de nous coller une de ces raclées. Et que fait-on ? On crée des associations de consommateurs, on crée des groupes d'achats de produits locaux, on manifeste, on se défend du réchauffement climatique en achetant, peu importe quoi d'ailleurs, on vote socialiste donc à gauche, et on parle pour dire que c'est injuste, ça pour parler, on parle. Enfin, ça c'est pour ceux qui bougent ou qui croient bouger parce que la majorité sont blasés, fatalistes, et s'en foute d'une force, mais d'une force ! vous ne pouvez pas imaginer. Je crois que le pire dans cette histoire, c'est qu'au début, lorsqu'on m'a ouvert un peu les yeux (enfin, on m'a rien imposé, c'est quand même moi qui ai cherché, bah oui, je suis curieux, et c'est un vilain défaut, je le comprends aujourd'hui), je croyais avoir trouvé la Vérité, que j'avais comme mission de propager la bonne parole mais, quel dommage ! les autres la savaient déjà dites donc ! Bon, ils n'avaient rien dit par contre, ça je comprendrais jamais d'ailleurs, enfin si, c'est sans doute ça une « porte ouverte », c'est tellement évident qu'on ne va pas perdre notre temps avec ces bêtises pis y'a match ce soir, faut surtout pas que je le loupe, pis la Culture ça fait mal à la tête, tout ça, tout ça. Non, le pire, c'est pas d'avoir découvert ça, c'est que ceux-là, quand je leur ai fait la morale (oui, je l'ai fais, j'avoue, et alors ?), ils m'ont dis que c'était mal, qu'on ne faisait pas la morale, que chacun faisait ce qu'il voulait et donc j'ai compris que c'était ça la Démocratie, en somme, la Démocratie d'aujourd'hui, c'est « dire ce que l'on pense sans vraiment pensé à ce que l'on dit », que lorsque deux personnes ne sont pas d'accord et qu'ils commencent a en parler, on appelle ça un débat mais que ce n'est pas forcement celui qui a les meilleurs arguments qui est désigné comme celui qui a raison, non, ça dépend de plus de choses, ça dépend de si c'est télévisé ou pas, ça dépend du nombre de personnes qui pensent comme l'un ou comme l'autre. Rappelez vous ces deux choses : « le nombre a toujours raison » et « le nombre a toujours une télé chez lui ». Dans ces conditions, tout être sensé se dirait, ok, donc on ne s'en sortira pas, c'est fichu. Mais là encore, il doit faire un choix : baisser les bras et retourner au turbin, ou baisser les bras et bon aller boire une bière avec ses potes à la terrasse d'un café. Et bien, personnellement, et naïvement, je choisirais la seconde solution. Mais très vite, je me retrouve seul à la terrasse du café. Et c'est là, ici, maintenant que « l'on en reparle », comme je le disais à la fin du 2 et au début du 3, pour ceux qui suivent encore. Je parlais de mon choix de choisir un lieu de vie PUIS un emploi, et pas l'inverse, et de mes 11 semaines de vacances contre les 5 généralement octroyées aux salariés, c'est bon, vous remettez tout ça dans son contexte ? Bon alors, comment est-ce dieu possible qu'il m'ai été donné de partir en vacances pendant 11 longues semaines ? Une seule réponse : je suis une victime mes enfants, oui, une pauvre victime d'un fléau dévastateur que l'on nomme le chômage ! Mais heureusement, notre classe politique a, je me répète encore, « déclarer la guerre au chômage » ! Nous sommes sauvez ! Mais en fait non, pas du tout, il y a encore un souci, encore une question que je me pose et que je vous pose et qui donne lieu à un 11. 11 - « Existe-t-il un emploi respectant les Droits de l'Homme pour chaque personne au chômage ? » Et là, même moi je dis « Oui ! » mais il faudrait juste discrètement enlever « respectant les Droits de l'Homme ». Et puis encore se demander pour qui je travaillerai, pour quel salaire et surtout se rappeler de la définition de la Démocratie Contemporaine, réfléchir à nos contrats de travail et surtout à ce que représente réellement un salaire. Certains, qui passent leur vie à lire des bouquins (quel temps perdu franchement) pensent que l'expression « Tout travail mérite salaire », que vous connaissez bien, est en partie fausse et qu'il serait plus vrai de dire « Tout travail mérite demi-salaire et on donnera le reste aux malades du travail, aux chômeurs (les pauvres...) et aux retraités ». Oui, c'est sûr, c'est plus long, c'est moins accrocheur mais ils ne s'embêtent pas, ils sont comme ça les intellectuels, ils savent que de toute manière ils ne représentent pas le nombre et que donc c'est perdu d'avance et que donc, au lieu de perdre leur temps à boire un coup en terrasse d'un café, ils préfèrent dire des contre-vérités, ils sont comme ça je vous dis. Du coup, personnellement, tant qu'à se dire que c'est fichu, autant être au soleil et j'ai quitté la pluie de Bretagne pour la pluie du Sud mais avec un peu de soleil dedans quand même. Mais à force de répéter que c'est fichu, je vois quelques mains qui se lèvent, quelques bras qui se relèvent, des gens qui se disent que « bah non quand même, faut pas dire que c'est fichu, tant qu'ya d'la vie, y'a d'l'espoir », enfin, vous voyez le genre. Et du coup, ce sont eux qui me font la morale, en me préconisant d'arrêter d'utopiser et de rentrer dans le rang tout en faisant des petites choses comme militer, tout en sachant que de toute manière, ça ne changera rien. Bref, un super projet, et j'insiste sur ce terme, les puristes apprécieront. Bon, l'histoire de la Grenouille maintenant. C'est l'histoire d'une grenouille qu'on essaie de tuer. Oui, c'est pas une histoire drôle, éloignez les enfants. La première fois, une main, bien visible celle-là, attrape notre petite grenouille et la jette dans une casserole d'eau bouillante et bon, forcement, on peut s'en douter la grenouille n'apprécie que moyen et saute prestement d'en dehors du récipient. On ne l'aura pas comme ça, c'est qu'une grenouille, ok, mais faut pas trop la prendre pour une conne non plus. Mais la main insiste, elle devient super sympa avec la grenouille, lui promet une échelle en or, des chaussures de vair, un poste radio qui dit la météo et un tas d'autres trucs pas franchement utile à une grenouille, mais elle accepte, c'est comme ça une grenouille, facilement corruptible. Elle saute dans la main, qui va gentiment la déposer dans une casserole d'eau froide et bon la grenouille bronche pas. Elle s'y sens même super à l'aise quand elle se rends compte que l'eau devient chaude comme un bain, elle commence à faire la planche, la température augmente toujours mais elle reste dedans et bon bref vous avez compris, la grenouille se fait gentiment cuire sans rien dire. Vous pouvez relire la petite phrase maintenant et voir si vous le vivez bien ou pas. Allez, une petite dernière, non, deux petites dernières, mais elles se ressemblent : Si vous savez que les RMIstes abusent grave en se faisant entretenir par l'État et qu'en même temps le salaire d'un gros, gros, mais alors très gros patron représente je ne sais combien d'années de RMI, et que vous le vivez bien, alors ça va. Si vous savez que les chômeurs plombent grave les comptes de l'État (la preuve on était soit disant en faillite) et qu'en même temps vous trouvez ça normal de débloquer des milliards pour sauver nos pauvres petites banques, et que vous le vivez bien, alors ça va. Ça y est j'ai fini, ah, ça fait du bien, bon, je vais aller prendre le soleil maintenant, je vous laisse le soin de faire la conclusion, je veux pas vous imposer la mienne, et oubliez pas de pointer. Un-anonyme-souhaitant-garder-son-nom-mais-que-vous-aurez-tous-reconnu Ce texte, que dis-je cette œuvre, est disponible en format pdf, doc et odt (toujours plus de formats !) et donc en plus lisible... Il vous suffit d'envoyer un chèque sans montant précisé, adressé à moi même et de l'envoyer à mon adresse. J'accepte aussi le Paypal. Une idée originale de moi lorsque j'ai relu un document pdf nommé "10 conseils pour rentrer en décroissance" mais franchement, fran-che-ment ! qui sommes nous les amis pour donner des conseils aux gens, hein ? Bon, ok, on les donne, c'est bien, on pourrait les facturer mais franchement... June 22 Le Sénat recale les langues régionalesPour les élus du palais du Luxembourg, elles n'appartiennent pas au patrimoine de la nation.Le Sénat représente, en principe, la diversité des territoires et des collectivités françaises. Pas si sûr. Hier, par 216 voix contre 103, les sénateurs ont adopté, contre l'avis du gouvernement, un amendement supprimant la référence aux langues régionales que les députés avaient adoptée en première lecture, le 22 mai.La majorité UMP, mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l'ancien PS Michel Charasse - et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la suppression alors que la majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont voté « contre ». Mélenchon, à l'origine de l'amendement, n'avait pas hésité, dans un texte rendu public la veille, à mettre les langues régionales sur le même plan que le boeuf bourguignon ou le sauté de veau. Hier soir, le député UMP breton Marc Le Fur, à l'origine de l'affaire des langues régionales à l'Assemblée, restait stupéfait devant un Sénat qu'il croyait « être l'assemblée des Régions, l'institution la plus étrangère au jacobinisme, la plus éloignée du parisianisme ». Le 22 mai, l'Assemblée nationale avait décidé, à la quasi-unanimité, d'ajouter au premier article de la Constitution une phrase stipulant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la nation. Une disposition qui avait déclenché des applaudissements dans les Régions françaises, mais aussi un véritable feu roulant à Paris, notamment sous la Coupole, où siègent de grands experts de la langue et de la littérature. Les académiciens, dans une démarche extrêmement politique, avaient estimé, lundi, que la reconnaissance des langues régionales portait « atteinte à l'identité nationale ». Ils avaient demandé le retrait de l'article. Entre la Coupole et le Luxembourg, il n'y a qu'un pas. Jacques ROUIL. June 06 A Paris, en vélo, on dépasse les autos (mais pas que)La Vélorution parle aux vélorutionnaires : Mail 1: Décryptage ou désemtubage (cathodique) JT France 3 du jeudi 05 Juin 2008 (20 minutes) en noir : les commentaires de la présentatrice et des journalistes (en bleu entre parenthèses : ce que l'image montre en réalité) en rouge : LES INFRACTIONS EFFECTIVEMENT CONSTATÉES Madame, monsieur, bonjour, soyez les bienvenus, voici les titres de ce 12-13. Les cyclistes en danger à Paris, (on voit un cycliste au milieu d'une circulation intense) le nombre d'accidents a augmenté de 21,4% au premier trimestre 2008, (une cycliste avec un sac à dos tend le bras gauche pour indiquer son changement de direction) (le titre s'affiche : Accidents LES CYCLISTES DÉRAILLENT) la préfecture de police (un cycliste inconscient tient son téléphone portable à l'oreille puis regarde son écran) décide de renforcer prévention et verbalisation. Nouvelle action des routiers (Titre : Routiers OPÉRATION SENSIBILISATION) contre le prix élevé du gazoile avec une opération escargot autour de Rungis. Mobilisation modérée en attendant les annonces cet après-midi du secrétaire d'état aux transports Dominique Bussereau. Et puis les plus grands chorégraphes européens (Chorégraphie LA DANSE DANS TOUS SES ÉTATS) sont à la Cartoucherie de Vincennes pour le festival de danse June Events, un festival orchestré par la chorégraphe et danseuse Carolyn Carlson. (la journaliste à l'écran) Mais d'abord ce chiffre préoccupant à quelques jours de la fête du vélo : le nombre de cyclistes victimes d'accidents a augmenté de 21,4% au cours du premier trimestre 2008, L'une de nos équipes s'est postée ce matin place de l'Europe à Paris dans le 8° et, vous allez le voir, les infractions sont incessantes. Eric Veyret et Yves Dewulf. (image : la plaque PLACE DE L'EUROPE) ... arrondissement de Paris. (un cycliste adulte roule très doucement, on aperçoit à gauche deux voitures stationnées, dont une grise en double file) En moins de 20 minutes (Le cycliste s'arrête, pose son pied droit à terre et se tourne vers l'arrière. Il a dépassé de quelques mètres un passage piétons avec un feu. Il se tourne vers l'arrière) nous avons été témoins de plusieurs infractions au code de la route (la caméra tourne vers la droite sur un deuxième cycliste et une camionnette arrêtés au feu. Le cycliste démarre, sans doute parce que le feu est passé au vert, et le premier cycliste démarre alors, la caméra les suit) les contrevenants, tous des cyclistes (pendant que le journaliste dit cette phrase, la caméra montre les cyclistes roulant très normalement, lentement et avec précaution, et passant devant la voiture grise garée en double file sur la place) feux rouges grillés, dépassement de véhicules par la droite, usage du téléphone portable (on revoit le cycliste téléphonant avec son portable vu pendant les titres) le même donc... et la liste est longue (le cycliste imprudent, qui vient de retirer son téléphone de l'oreille en regarde l'écran alors qu'il est au milieu de la place, passant devant la voiture grise toujours garée en double file) [interview d'un cycliste] (à l'image, derrière : les voitures arrêtées indiquent que le feu est rouge. Un piéton arrêté attend de pouvoir traverser, une voiture venant de la place lui passe devant malgré un triangle clignotant piétons en sortie de carrefour) [interview d'un autre cycliste] (en arrière-plan une voiture noire semble garée à contresens) De mauvais comportements qui expliquent en partie le nombre de cyclistes victimes d'accidents (une cycliste roule normalement sur la place) au cours du premier trimestre 2008, plus de 21%. (deux cyclistes et des voitures arrêtés au feu. Une piétonne traverse en courant, sans doute sans tenir compte du feu piétons puisque cyclistes et voitures démarrent ensemble, tous apparemment au feu vert, et traversent la place) Et c'est ici, place de l'Europe, qu'a eu lieu un accident mortel : le 21 mai denier, (un cycliste arrêté au feu rue de Saint-Pétersbourg, un motard arrive rapidement, à gauche d'une ligne blanche continue, à contre sens sur la file étroite de gauche avec une flèche au sol bien visible, pile au feu en se collant au cycliste) un homme de 57 ans a été percuté par un camion-benne (le cycliste démarre, en faisant un écart sur la droite sans doute dû à la proximité de la moto) alors qu'il tentait de le dépasser par la droite [interview d'un chauffeur de camion] A quelques jours de la fête du vélo, (la caméra, sans doute placée rue de Madrid, suit une cycliste traversant la place, au milieu des automobiles, et passe en gros plan sur le feu de cette rue transversale, qui est au rouge puisque la cycliste et les automobiles qui l'entourent ont le feu vert) les chiffres alarmants de la préfecture de police font désordre. (une cycliste habillée en noir contourne un camion et se dirige vers la droite d'une file de véhicules à l'arrêt. Mais la Mairie de Paris, forte du succès de Velib', tient à préciser (on change de quartier. On doit être vers la rue de Rivoli. Un cycliste est arrêté au feu, pied droit sur le trottoir. Un vélibien, puis une vélibienne, passent) que l'augmentation des accidents de circulation est relative, si l'on tient compte de la forte croissance de la pratique du vélo dans la capitale (un cycliste à velib' roule normalement) plus de 70% entre 2006 et 2007. (la journaliste revient à l'écran pour le sujet suivant) Commentaire 1 : > Mais la Mairie de Paris, forte du succès de Velib', tient à préciser > que l'augmentation des accidents de circulation est relative, si l'on > tient compte de la forte croissance de la pratique du vélo dans la > capitale > plus de 70% entre 2006 et 2007. Effectivement, cela change beaucoup de chose... j'ai même été obligé de réécouter l'extrait pour être sûr d'avoir bien compris. D'une part, il y a les accidents qui augmentent de 21% et de l'autre la pratique qui augmente de 70% (ce n'est pas dans les mêmes périodes, je sais bien). Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a donc une baisse du "risque"... non ? Commentaire 2 : La réponse est dans le communiqué de presse de Denis BAUPIN : A quelques jours de la Fête annuelle du Vélo, organisée par le Comité national de Promotion du Vélo, la Préfecture de Police publie les chiffres de l'accidentologie parisienne au premier trimestre 2008. Elle note une augmentation de 21% des accidents... mais oublie de préciser que dans le même temps l'usage du vélo a augmenté de 33 %. Contrairement à ce que pourrait laisser croire les chiffres bruts ainsi publiés, la dangerosité de l'usage du vélo n'a donc pas augmenté, mais diminué. D'ailleurs, avant d'être dans ce communiqué, la réponse est dans nos cerveaux ! Tu n'as pas pu t'empêcher de penser vrai... tu l'avais donc la réponse. Malheureusement les média et leur façon de communiquer conduisent la plupart a s'empêcher de penser tout court... ou à avoir un doute sur leur qualité de raisonnement ! C'est le même genre de mécanisme qui fait dire que sur la route le plus dangereux c'est le vélo... et pas la voiture, et pas les camions... et qu'il faut verbaliser les dangereux cyclistes ! May 24 Propos pour servir à la contre-révolution" La révolution conservatrice se réclame du néo-libéralisme, se donnant ainsi une allure scientifique, et la capacité d'agir en tant que théorie. Une des erreurs théorique et pratique de beaucoup de théories - à commencer par la théorie marxiste - a été d'oublier de prendre en compte l'efficacité de la théorie. Nous ne devons plus commettre cette erreur. Nous avons affaire à des adversaires qui s'arment de théories, et il s'agit, me semble-t-il, de leur opposer des armes intellectuelles et culturelles." Pierre Bourdieu.
May 21 Un frein à la vitesse
Dans la foulée du Slow Food, en réaction contre le fast food, est né, en Italie, le réseau des Slow Cities qui propose une autre conception de la ville et du vivre-ensemble. L’automobile, symbole de vitesse et de consommation énergétique sans limite, n’y a pas droit de cité. Faut-il rendre les rues piétonnes et ne concéder que quelques pistes aux derniers automobilistes? Faut-il limiter l’éclairage public pour faire respecter le droit à l’obscurité? Ces questions très sérieuses sont posées par le réseau des Slow Cities (villes lentes), né en 1999, en Italie, dans la mouvance de l’organisation Slow Food, fondée en 1986 par Carlo Pedrini pour dénoncer la construction d’un McDo sur une place historique de Rome. Le questionnement sur les conditions d’une table qui humanise l’être humain ne pouvait que déboucher sur une réflexion à l’égard de la façon dont notre société moderne perçoit son rapport au temps et à l’espace. Cet éloge de la lenteur ne pouvait que déborder sur le domaine gastronomique pour toucher l’ensemble de nos lieux de vie. La charte du mouvement Slow Cities dénonce l’homogénéisation des modes de vie et rend le culte moderne de la vitesse responsable de notre assujettissement physique et moral. Le but des quatre premières villes italiennes (Onvieto, Braga, Grève in Chianti, Positano) engagées dans ce mouvement de résistance à la globalisation est de maintenir leur identité pour inventer un autre futur. Le mouvement s’est ensuite étoffé et internationalisé jusqu’à devenir ce réseau international de Slow Cities coordonné, depuis 1999, par Paolo Saturnini, le maire de Grève. Il compte aujourd’hui une centaine de villes dans le monde dont une quarantaine en Italie. Pourquoi ce combat?La tentation était grande, dès lors que le mouvement Slow Food était né en réaction au développement des fast food, de faire de la lenteur le fondement du combat. Était-il pour autant légitime de faire du rapport au temps l’origine principale des crises de notre civilisation? La perception du temps est structurante car elle donne la forme dans laquelle se coulent les activités (dés)humanisantes. Les sociétés se caractérisent toujours par des conceptions différentes du temps mais, contrairement aux autres civilisations, la nôtre a été marquée par une rupture avec les conceptions qualitatives du temps. Nous ne pourrions donc entrer dans le changement que si nous nous glissons d’abord dans une autre temporalité. Si l’enjeu du mouvement Slow Cities est bien que chacun – individu ou collectivité – puisse retrouver la maîtrise de ses usages, alors le préalable est la maîtrise de son temps. Il s’agit d’opposer à chacune des caractéristiques de la temporalité moderne d’autres perceptions et manières de vivre : temps longs contre temps courts, temps lents contre temps rapides, temps collectifs contre temps individuels, temps qualitatifs contre temps quantitatifs, temps de la nature contre temps mécanique, temps politique contre temps économique, temps poétique, créatif contre temps de la consommation-destruction, etc. Le changement est systématiquement pensé en termes d’opposition entre des temps pluriels et un temps unique. Il faut ainsi accepter la temporalité différente des âges de la vie plutôt que de vouloir rabattre l’enfant comme le vieillard sur une conception linéaire du temps. L’enfant n’est pas un adulte en miniature mais un être en construction qui a besoin de son propre temps, qui a besoin déjà de s’ennuyer (de se re-poser). Puisque la crise de notre temporalité est aussi celle du temps naturel incapable de faire valoir ses droits face au temps mécanique, alors il faut réaffirmer l’importance des rythmes naturels : saisonniers, diurnes et nocturnes. Le réseau Slow Cities remet en cause toutes les prothèses technologiques qui ont servi à la dénaturation du temps : usage excessif de l’éclairage public, climatiseurs, etc. L’affirmation du droit à la nuit (ou au silence) est inséparable du retour à une véritable densité du temps. Face au temps moderne qui devient toujours plus uniforme, et donc strictement quantitatif, il faut opposer d’autres temporalités de nature qualitative. Les temps de l’humain ne sont pas ceux du chronomètre. Il faut réapprendre à prendre et à perdre son temps. Des villes enracinéesL’objectif de Slow Cities est de combattre l’ubiquité dans ses deux dimensions : être, en même temps, ici et ailleurs. L’abomination absolue pour ces militants sont ces lieux modernes « hors sol » que sont les grands aéroports internationaux ou ces magasins entrepôts, tous sur le même modèle, qui défigurent les banlieues. Une ville lente refuse le « hors-sol » comme le « hors-temps ». Une stratégie de relocalisation des échanges et des consciences est inséparable de l’éloge de la lenteur comme une réaffirmation du local. La modernité, en produisant l’homme sans qualité, joue la stratégie de la mondialisation de l’espace et du temps. Mondialisation des échanges commerciaux, développement des transports et mondialisation du temps vont de pair, comme le montrent les cotations boursières et les horloges internationales des palaces. Les villes lentes, parce qu’elles n’ont de cesse d’articuler ces stratégies de relocalisation et de retemporalisation, tendent à redonner de la qualité de vie, c’est-à-dire à enfanter un humain plus humain puisque plus autonome, parce que seul capable de s’autolimiter. Villes ouvertes ou villes encloses?Le réseau Slow Cities a adopté un manifeste qui comprend 70 recommandations et obligations : mise en valeur du patrimoine bâti existant plutôt que construction de nouveaux bâtiments; volonté de réduire fortement les consommations énergétiques; promotion des technologies « vertes » pour assurer les besoins énergétiques indispensables; diminution des déchets et développement de programmes de recyclage; multiplication des zones piétonnes avec le souci de ne pas en faire des lieux voués au seul commerce; développement des commerces de proximité avec interdiction progressive des grands centres commerciaux; priorité aux infrastructures collectives avec des équipements adaptés aux handicapés et aux divers âges de la vie; multiplication des espaces verts et des espaces de loisirs; propreté de la ville; préservation et développement des coutumes locales et produits régionaux; priorité aux transports en commun et autres transports non polluants (marche à pied, vélo, patins à roues alignées) avec la volonté de limiter le nombre d’automobiles; développement de la solidarité intergénérationnelle; exclusion des OGM et des « temples » de la restauration rapide; développement d’une véritable démocratie participative, etc. La volonté de mettre en réseau les villes qui adhèrent au projet correspond à la volonté de vérifier que les engagements pris soient effectivement respectés. Le réseau dispose pour cela d’un corps d’inspecteurs qui effectuent périodiquement le contrôle des obligations. Les villes respectueuses du manifeste reçoivent un label et affichent le logo à l’entrée des agglomérations et sur les bâtiments publics : ce logo (un escargot qui porte sur sa coquille une ville) est directement inspiré du célèbre escargot qui sert d’emblème au mouvement Slow Food. Cette mise en réseau correspond aussi à la volonté de réaliser une véritable solution de rechange qui ne pourra être mondiale que si elle respecte la diversité des cultures. Une ville lente ne doit pas rentrer dans sa coquille mais travailler à un autre développement là où elle est enracinée. L’éloge de la lenteur est aussi celui du temps nécessaire à la maturation, au doute, à la délibération, au choix. Les habitants des villes lentes mènent donc une réflexion sur la temporalité nécessaire au respect de la démocratie : il faut déjà en finir avec la foi illimitée dans le temps qui vient, que véhicule, par exemple, le scientisme ambiant. La démocratie comme l’éducation a besoin de lenteur. Les villes lentes peuvent être aussi des laboratoires pour apprendre à faire coïncider le temps de la démocratie avec un temps encore plus long et plus lent, celui de l’écologie, puisque les décisions à prendre dans ce domaine ne sont généralement pas à l’échelle du temps individuel mais parfois à l’échelle de l’humanité. Contre le gigantisme des villesLe développement des Slow Cities repose sur le refus des grandes villes dont l’échelle est sans mesure avec les capacités humaines de perception et de déplacement. C’est pourquoi les Slow Cities comprennent obligatoirement moins de 60 000 habitants. La critique du gigantisme est consubstantielle à celle de la vitesse. L’un des enjeux pour les prochaines décennies sera donc de vider progressivement les mégalopoles qui ne peuvent, du simple fait de leur gigantisme, développer une politique de la lenteur et de la relocalisation. Les villes lentes ont pu, grâce à ce double ancrage temporel et territorial, éviter un double écueil. Celui d’apparaître comme véhiculant un point de vue nostalgique – voire passéiste – et celui de devenir un produit commercial pour quelques néoruraux. L’avenir des villes lentes tient dans cette capacité à ne pas devenir un segment au sein du marché actuellement florissant des villes privées thématiques. Cet hymne à la lenteur représente un formidable pied de nez au soubassement idéologique de notre société. May 08 Greenwashing, ou comment tout repeindre en vert Greenwashing, kezako ? "Le terme Greenwashing est utilisé pour désigner un procédé de marketing utilisé par une organisation (entreprise, gouvernement, etc) dans le but de donner à l'opinion publique une image écologique responsable, alors que plus d'argent a été investi en publicité verte qu'en de réelles actions en faveur de l'environnement." Voilà ce que nous dit Wikipédia. Et maintenant, voyons un peu les publicités qui affolent nos mirettes : Une association vient de porter plainte contre le constructeur automobile Saab pour "publicité mensongère". Sans lire l'article, simplement en faisant notre "devoir" de consommateur (donc regardez l'image, ne pas réfléchir et se laisser endormir...), que voit-on ? De belles voitures gris-métallisé (pas noir, ça ferait trop pensé au pétrole ?) dans un espace d'un blanc pur, un petit logo "BioPower" vert. Je n'ai pas les moyens d'acheter de telles voitures, et si je les avais... j'achèterai un vélo couché (tient, tient...). Mais celui qui croit qu'un jour on fera de grosses autos puissantes ET non-polluantes, Monsieur Bill par exemple, doit se dire que son écologisme, très "tendance" en ce moment, passera par l'achat d'un de ces monstres. Mais est loin de pensé que s'en sont, des monstres. Sauf que voilà... De l'écolo, du BIO, du faut-sauver-la-planète, on en bouffe a toutes les sauces... Du coup, ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter de telles autos "qui-sauvent-le-monde" bah ils sont un peu aigris. Et comme ils doivent trouver un responsable et que désigner la publicité elle-même (qui nous rends volontairement envieux, si, si) est un travail pour les zuto-gaucho ou je ne sais quoi, et bien ça retombe sur les tits "écolos", comme ils disent. "Ils nous balancent du BIO par-ci, des BIO-carburants par là ! Mais faut voir a quel prix ! Ils nous prennent pour des vaches à lait ! bla bla bla...." Sauf que voilà... Moi, en temps que, je pense, tit "écolo", ...comme ils disent, je les forcent à rien. J'ai dis, en des temps maintenant lointains, qu'il FALLAIT acheter de la nourriture BIO. Et je l'ai fais, pour l'exemple, vous comprenez, et je me suis ruiné. Enfin presque, faut pas poussé non plus, j'ai réagi à temps. Mais regardez un peu maintenant... on nous vend de tout et tant que c'est BIO, c'est bien. Du coup, c'est pas tombé dans l'oreille d'un mal-entendant, et on nous vend des "bèches bio" ! (private joke pour Claire de Nantes, si elle s'en souvient, ou Manu, idem, conversation à laquelle ils n'ont pas participé, moi non plus, mais qui était très parlante) Et c'est parti pour des trucs et des machins BIO dans tous les sens. Les plus intelligents, ou du moins ceux qui font marché leur caboche, ont vite vu où se trouvaient la faille. Ils ont pris les acteurs qui préconisaient le BIO pour la nourriture et leur ont collé le discours de ceux qui vendent des bèches BIO. Du coup, je passe pour un con... pardon pour le langage maman. Donc, la bouffe industrielle, non, le BIO, oui... mais faut faire gaffe quand même, pas à toutes les sauces. Tient, pour les sauces tomates Bio, je dis non. Elle sont bonnes ok, mais ça coute quoi en + d'acheter ses tomates, un petit steak de chez Marcel, le bouché du coin (un type sympa vous verrez...), un oignon et une échalote et de faire des pâtes bolo à tomber ? Bah rien, ça coute rien sinon un truc cher aux Occidentaux... du temps ! Et encore... Je vois, aujourd'hui, je suis chômeur (et je l'ai cherché...), je n'ai donc plus les moyens de mangé BIO tout le temps, donc je devrais retourner au "Super". Et bien rarement en fait... J'ai toujours mon marché, mon boucher. Et puis il y a tout plein d'astuces pour ne plus payer ses légumes, ses fruits et parfois d'autres choses, mais certains lecteurs ne sont ici pas prêts à lire cette vérité. Ils attendront. Mais pour revenir au BIO, ça m'ennuie de voir que Monsieur Bill pense qu'il va se ruiner, que c'est cher alors que, calcul à l'appui, certains de mes amis, du même monde que moi, vous n'imaginez pas... de quoi ils se sont rendu compte ? Qu'il y avait une différence minime. Et quand bien même, M'sieur Bill gagne sa vie honorablement et continue à acheter au Super du coin... (avec mon petit SMIC je ne le faisais même pas. Même réussi a mettre des sous de côtés, je pourrais m'acheter une voiture tiens ! Plusieurs occasions même !) Bref, je me perds, encore. Pour revenir à la pub SAAB, le bio industriel décrédibilise totalement le bio, le vrai, qui existe encore heureusement mais pour combien de temps encore si on continue à berner les masses comme ça ? Allez, vous avez gagné, je vous laisse le lien qui en dis plus sur les publicitaires et leurs éthiques : http://www.rue89.com/2008/05/07/publicite-automobile-quand-les-marques-abusent-du-vertPS : "Le Monde est une équation à plusieurs inconnues; en prenant le temps, l'Homme se rendrait compte qu'il n'est pas si mauvais en arithmétique" Yves Saint-Vincent (ce gars et cette citation n'existent pas, je joue mon publicitaire aussi, si je veux...) April 01 André Gorz
"La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du
système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans
rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y
mènent depuis 150 ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB
mondial sera multiplié par un facteur 3 ou 4 d’ici à l’an 2050. Or
selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de
CO2 devront diminuer de 85% jusqu’à cette date pour limiter le
réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°, les
conséquences seront irréversibles et non maîtrisables. La décroissance
est donc un impératif de survie." André Gorz March 01 Agriculture Biologique et Sécurité AlimentaireQu’entend-on par "agriculture biologique"?L’agriculture biologique est un système de gestion globale de la
production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de
synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, réduit au maximum la
pollution de l’air, du sol et de l'eau, et optimise la santé et la
productivité de communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux et
d’humains. Une agriculture n’utilisant pas d’apports agricoles
extérieurs, mais qui entraîne la dégradation des ressources naturelles
(appauvrissement du sol en éléments nutritifs, etc.) n’est pas
considérée comme « biologique ». En revanche, les systèmes agricoles
qui n’utilisent pas d’apports externes, mais qui s’efforcent de
respecter les principes de santé et de précaution de l’agriculture
biologique sont considérés comme biologiques, même si l’agroécosystème
n’est pas certifié « biologique ». D’un point de vue commercial, pour
qu’un produit soit biologique, il doit être certifié et les produits
dérivés doivent porter une étiquette attestant de leur nature
biologique. Les labels « produit biologique » peuvent être soit
certifiés par une tierce partie, soit accordés au titre d’un système de
garantie participative. Le terme « agriculture », utilisé au sens
large, inclut la foresterie et les pêches; en conséquence, la
Conférence traitera également de l’aquaculture biologique et de
l’exploitation écologique de produits forestiers non ligneux. Enfin,
sont inclus dans les produits agricoles les denrées alimentaires, les
fibres, les produits médicinaux et les matières premières cosmétiques. Qu’entend-on par "sécurité alimentaire"? La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine. (Sommet mondial de l’alimentation, 1996). Cette définition amplement acceptée est centrée sur les aspects suivants de la sécurité alimentaire: Disponibilité alimentaire: La disponibilité d’aliments en quantité suffisante et d’une qualité appropriée, dont l’approvisionnement est assuré par la production nationale ou les importations (y compris l’aide alimentaire). Accès à la nourriture: Accès de tous à des ressources adéquates (droits) leur permettant d’acquérir une nourriture adéquate et nutritive. Les droits sont définis comme l’ensemble de biens auxquels une personne est susceptible d’accéder en raison du contexte juridique, politique, économique et social de la communauté dans laquelle elle vit (y compris certains droits traditionnels tels que l’accès aux ressources communes). Utilisation: L’utilisation de la nourriture dans le cadre d’une diète adéquate, d’eau potable, d’assainissement et des soins de santé de façon à obtenir un état de bien-être nutritionnel qui permette de satisfaire tous les besoins physiologiques. Tous ces éléments soulignent le rôle des facteurs non alimentaires dans la sécurité alimentaire. Stabilité: Pour parvenir à la sécurité
alimentaire, une population, un ménage ou une personne doit avoir un
accès permanent à une nourriture adéquate. Cet accès à la nourriture ne
doit être menacé ni par l’émergence de chocs soudains (par exemple, une
crise économique ou climatique) ou par des événements cycliques (par
exemple, une insécurité alimentaire saisonnière). Le concept de
stabilité peut donc concerner à la fois la L’agriculture biologique face au défi de la sécurité alimentaire
Les Etats devraient l’intégrer dans leurs priorités nationales, selon la FAO
(FAO : Food and agriculture organization ou, pour les Français, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) Le rapport identifie les points forts et les faiblesses de l’agriculture biologique en ce qui a trait à sa contribution à la sécurité alimentaire. Il analyse les caractéristiques de la chaîne d’approvisionnement biologique au regard de la Plateforme du droit à l’alimentation. Et il formule des propositions en matière de politique et de recherche en vue d’améliorer les performances de l’agriculture biologique au triple plan national, international et institutionnel. “La principale caractéristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles; le recours à des procédés naturels améliore aussi bien le rapport efficience-coût que la résilience des écosystèmes agricoles au stress climatique”, selon le rapport. “En gérant la biodiversité dans le temps (rotation des cultures) et l’espace (cultures associées), les agriculteurs bio utilisent la main-d’oeuvre et les services environnementaux pour intensifier la production de manière durable. Autre avantage: l’agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l’endettement pour l’achat d’intrants agricoles, endettement qui entraîne un taux alarmant de suicides dans le monde rural.” Le rapport reconnaît que “dans les pays en développement, la plupart des produits alimentaires biologiques certifiés sont destinés à l’exportation” et ajoute que “lorsque les cultures de rente sont liées à des améliorations agroécologiques et procurent des revenus supplémentaires aux paysans pauvres, cela entraîne une meilleure autosuffisance alimentaire et un regain de vitalité pour les petites exploitations agricoles”. Connaissance et main-d’oeuvre intensive Toujours selon le rapport, certaines conditions doivent être réunies lorsqu’on se convertit à l’agriculture biologique. Il s’agit principalement de la connaissance agroécologique et de la disponibilité de la main-d’oeuvre. “La gestion biologique est une approche cognitive nécessitant une bonne connaissance des processus agroécologiques et elle reste une contrainte là où la main-d’oeuvre est rare, notamment au sein des populations décimées par le sida.” Toutefois, l’exigence d’une main d’oeuvre en nombre suffisant et les gains qui en découlent offrent, là où cette ressource est la plus abondante, des opportunités d’emplois tout en sauvegardant les moyens d’existence des ruraux, selon l'experte de la FAO Nadia Scialabba. Le rapport cite des modèles récents sur l’approvisionnement mondial qui montrent que l’agriculture biologique peut produire assez par tête d’habitant pour nourrir la population actuelle de la planète. “Ces modèles suggèrent que l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement”, selon la FAO. Le rapport invite les gouvernements à “allouer des ressources à l’agriculture biologique et à intégrer ses objectifs et ses actions dans leurs stratégies nationales de développement agricole et de réduction de la pauvreté, en mettant l’accent sur les besoins des groupes vulnérables”. Il insiste aussi sur l’investissement pour le développement des ressources humaines et la formation en agriculture biologique dans le cadre des stratégies de développement durable. Selon la Commission du Codex Alimentarius et toutes les réglementations nationales existantes, “l’agriculture biologique est un système de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, réduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l'eau, et optimise la santé et la productivité de communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux et d’êtres humains”. La Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire est organisée par la FAO en association avec l’Associazione Italiana per l’Agricoltura Biologica, le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes, la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique, la Fondation internationale pour l’avancement rural, le Fonds mondial pour la nature, le Réseau Tiers monde, l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique et l’Institut mondial de surveillance. présenté à la Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire qui se tient du 3 au 5 mai 2007 au siège de la FAO. February 26 Gwenael WasseMontreuil,
le 13 février 2008 Total :
production en hausse, durabilité en berne
Alors que le quatrième groupe pétrolier mondial annonce aujourd'hui de nouveaux bénéfices records et une production en hausse pour l'année 2007, les Amis de la Terre rappellent l'énorme coût écologique et humain de ses activités, ainsi que l'absence cruelle d'objectifs clairs et ambitieux en termes de responsabilité sociale et environnementale dans la stratégie du groupe.
Si le bénéfice net de Total en 2007 a subi un très léger repli par rapport à l'année précédente, atteignant encore des montants faramineux de plus de 12 milliards d'euros, le groupe se distingue cependant nettement des autres géants pétroliers par une croissance de sa production d'hydrocarbures de 1,5 %. Les Amis de la Terre déplorent ce résultat qu'ils considèrent comme une très mauvaise nouvelle, à l'heure de l'urgence écologique et climatique planétaire, et de l'épuisement rapide des ressources fossiles. Alors que tous les citoyens et décideurs politiques du monde discutent d'engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et commencent à réfléchir à un modèle de développement sobre en carbone, le premier réseau écologiste mondial ne peut en effet se réjouir d'un tel résultat. Gwenael Wasse, chargé de la campagne Industries extractives aux Amis de la Terre, est ironique : « Le fleuron de l'économie hexagonale se veut à la pointe du développement durable, mais reste un dinosaure fossile ! Total est encore à l'heure actuelle à 99 % un groupe pétrolier, assis sur une rente financière qu'il ne veut pas lâcher, au prix, entre autres, de l'environnement et du soutien d'une dictature en Birmanie » . Il précise : «Derrière sa communication vertueuse et son soutien médiatique à des expéditions polaires, ses investissements dans les énergies renouvelables restent ridicules en regard de ses moyens et des milliards investis dans des projets passéistes, pharaoniques et dangereux, comme Kashagan (1) ou les sables bitumineux canadiens ». Alors que son directeur général considère le pétrole brut comme la « plus belle source d'énergie », une augmentation de la production comme souhaitable et le nucléaire comme un secteur stratégique pour l'avenir, mais aussi l'environnement comme un « devoir » (2) , les Amis de la Terre avouent avoir encore beaucoup de mal à percevoir la stratégie de Total en matière de développement durable. Ils attendent donc que les fréquentes mais très incohérentes déclarations de ses dirigeants sur la responsabilité politique, sociale et environnementale du groupe en général, et climatique en particulier, se traduisent enfin par des engagements concrets chiffrés, clairs et planifiés.
(1) http://www.amisdelaterre.org/Kashagan-un-projet-tres-dangereux.html
Contact presse Caroline Prak, les Amis de la Terre February 09 Post nocturneEn pleine nuit, à bientôt 5h du matin... J'allume la radio... "...6 milliards d'êtres humains et bientôt 9 veulent rouler tous seuls dans des mono-spaces, Ils veulent disposer de l'entière surface de la planète pour y élever des vaches et se nourrir essentiellement de viande rouge, Ils veulent brûler tout ce qui restent de pétrole, gaz et charbon avant que leurs enfants ne s'en rendent compte, Ils veulent tous se rassembler dans de grandes villes pour trouver ensemble des idées permettant à quelques agriculteurs de tous les nourrir, Ils veulent se laver tous les jours et ne plus jamais ressentir le froid, la maladie ou la douleur, Ils savent que la décroissance est une réaction nécessaire devant l'ampleur des dégâts qui s'annoncent mais espèrent bien qu'ils seront les derniers à devoir s'y soumettre..." --------------------------------------------------------------------------------- Qui est prêt a faire des "concessions" sur son "confort" ? Concessions ?? "Les patchs anti-EcoConcessions sont en vente dans tous les points d'accès habituels : salon avec TV, chambre avec radio, etc..." Confort ?? "Pour votre confort, vous me prendrez 2 doses de bouchons le matin et le soir, une file d'attente au SuperMarcket et un PC Vista." ---------------------------------------------------------------------------------- Petit rappel des faits : 20h dans le centre de la ville rose. Je déambule. Et là, je LA vois. Elle est belle, elle m'attire l'œil dans sa belle robe rouge. C'est... La Une du Courrier International ! "Travailler moins pour gagner moins, et vivre mieux" Je m'étonne, forcement. Tout cela va a l'encontre d'une certaine politique mise en place depuis 9 mois. Je vois cette belle et aguichante Une, police noire sur fond rouge, elle attire l'oeil... Je craque, je veux l'acheter ! Je la veux maintenant, ici, tout de suite ! J'arrive dans le kiosque : - Bonjour ! - Bonsoir. Je jette un œil vers les bacs et le buraliste-ambulant me demande si je cherche le dernier numéro du Courrier. (Comment sait-il ?!) Bref, je réponds par l'affirmative et là, la réponse tombe, sèche mais courtoise. - Ah désolé, j'ai vendu le dernier à midi. - Ah... - Désolé. - Non, pas de problème, ça me fait plaisir. Il me regarde partir en souriant. Là, je file à la cabine la plus proche pour semer la bonne nouvelle... ----------------- Petite note pour les mauvaises langues qui n'ont pas le sens de l'humour ou qui pensent connaitre les gens, les jugent sans avoir au préalable essayer de savoir ce qu'ils pensaient (ouf) : Il est bien évident que le Courrier International, magazine au combien reconnu pour son regard extérieur, compte bien sur notre "envie" ou "besoin" de consommation de nouvelles neuves pour écouler ses stocks au prix de 3€ l'unité. Faut bien dire que cette Une... 'fin bref. ----------------- Mais revenons à nos moutons (si je puis dire) Je vais sur le site du Courrier International, auteur d'un article auquel je n'accolerai pas d' adjectif puisque je n'ai finalement pas lu ce numéro 896. Petit encart : Dossier Spécial Décroissance. Je clic. "En raison d'une forte demande du numéro 896, Courrier international vous propose de découvrir, en libre accès, l'ensemble des articles de ce dossier de couverture." Et le numéro est téléchargeable en pdf. Mais que se passe-t-il donc ? Le Monde change-t-il ? Essaie-t-on de nous faire croire qu'il change ? Et quel Monde au fait ? Y'en a qu'un ?? Ah ? Bref, a qui verra ces lignes, je lui conseille juste de continuer a vivre comme il le fait s'il n'a pas l'impression de vendre son âme au diable, et s'il est heureux. Ah oui, et aussi d'aller voir ça s'il ne connait pas. C'est bien ça va faire du monde. Et encore, cet article n'est pas parfait, évidement. Mais on y parle de "concept aux frontières floues". Entendez par là que le Petit manuel pour sortir de c'teu mouise en 10 leçons n'est pas encore sorti. A vous de l'écrire. Bon, par contre, je ne peux pas rester plus longtemps, j'ai une conférence à Santiago dans 2 heures sur le Commerce équitable, ensuite une autre sur les Nécrocarburants à Paris. Et puis, j'ai mes courses à faire, y'a des superBIOpromo au Auchan de Toulouse et au Leclerc de Nantes, sans compter que la lumière de mon frigo marche plus, faut que j'en rachète un estampillé "Ecologique", ça tombe bien, le Lidl en fait un gros (très très gros) à pas cher à Munich. Mince, j'y pense, il me faut une caisse pour aller le chercher... Heureusement, que les reprises écolo sont là ! Références : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81115 January 28 La Cigale et la Fourmi (remix)
La Cigale ayant bossé
tout l'hiver Surprise, la Cigale lui
répondit que si, Car depuis l'élection
de Fourniski La Cigale voulait
l'oisiveté estivale La Fourmi, elle,
travaillait, abrutie La Cigale n'était
pas dûpe. La Cigale alpagua la
Fourmi, « Comment ?
Mais vous n'y pensez pas ! « Le maître
regarde vers la Carla... « Et pour aller
où d'ailleurs ? « Mon logis est
trop grand pour moi, « Comme il est
aisé de critiqué ! « Il ont tout
au contraire ! D'autres Cigales étaient
venues pour écouter
Et l'une d'elles, même,
lui rétorqua : La Cigale sourit sans
faire mine Aujourd'hui, j'ai appris,
j'ai travaillé Et je redis que c'est même
trop grand ! Et pour me nourrir, j'ai
de l'argent
Petite chose perdue dans
un immense système Les Fourmis rieuses
étaient parties depuis longtemps, La Cigale rentra chez
elle, Puis elle descendit le
chemin de terre, =M=
January 25 Voir le monde autrement ou voir un autre monde ?Vivre autrementDiana L. ChristianIl n’est plus possible d’ignorer le changement majeur qui s’opère dans les consciences et dans le regard que les humains portent sur eux-mêmes, et sur leur mode de vie destructeur. Aujourd’hui, un nombre croissant de personnes cherchent un moyen de vivre en harmonie avec leurs valeurs et avec la nature. En plus des populaires coopératives d’habitation, saviez-vous qu’il y a un nombre croissant de projets d’écovillage ? Mais… par où commencer ? Démarrer un projet de vie en commun n’est pas simple et la majorité des tentatives échouent. Les francophones ont longtemps attendu ce premier guide pour Vivre autrement. Avec ce livre, le seul sur le sujet en français, vous ne partez pas les mains vides ; comme le dit Jacques Languirand : « si vous avez vraiment le goût de Vivre autrement, vous avez entre les mains le livre qu’il vous faut [...] sa lecture devrait vous permettre d’envisager une telle entreprise avec de meilleurs outils et plus de confiance. » Vivre autrement : écovillages, communautés et cohabitats se base sur l’expérience de dizaines de pionniers-fondateurs pour proposer des outils concrets qui vous aideront à concevoir, organiser et poursuivre votre audacieux projet, en évitant les erreurs et les pièges pouvant mettre votre rêve en péril. Cette mine d’information recueillie par une icône du mouvement des écovillages démontre la viabilité de ces derniers. DIANA LEAFE CHRISTIAN est depuis 1993 la rédactrice en chef du magazine Communities (http://communities.ic.org/), la plus importante ressource pour les communautés intentionnelles (des coopératives urbaines aux communes rurales) en Amérique du Nord. Elle donne des conférences et des ateliers de formation sur la fondation d’écovillages et de communautés intentionnelles. Elle est membre de l’écovillage Earthaven en Caroline du Nord. January 19 Pour une poignées de dollarsCourrier international - n° 898 - 17 janv. 2008 Economie ÉNERGIE - 100 dollars le baril, rien de plus normal Si la conjoncture peut expliquer la nouvelle hausse des prix du pétrole, la vraie raison est ailleurs. Car, désormais, la demande mondiale est supérieure à l’offre. Quand le baril de brut a brièvement franchi la barre des 100 dollars le 2 janvier, ce fut en réalité un non-événement. Après correction de l’inflation, le prix de 100 dollars en 2008 n’est toujours pas un record historique. D’ailleurs, quelle différence entre 99 dollars et 100 dollars ? (Celui qui répond 1 dollar, au tableau !) En fait, ce chiffre a servi de test de Rorschach [utilisé en psychologie, et selon lequel ce que vous percevez dans les “taches d’encre” est censé révéler différents aspects de votre personnalité]. Pour le candidat démocrate à la présidentielle John Edwards, “il ne s’agit que d’un nouvel exemple de la façon dont la classe moyenne est victime de la cupidité des entreprises”. Pour Karen Matusic, de l’American Petroleum Institute [organisme de normalisation privé rassemblant les groupes pétroliers], le franchissement du seuil fatidique des 100 dollars devrait stimuler les efforts d’“exploration de nouveaux gisements de brut et de gaz naturel. Après tout, 80 % de nos ressources nationales potentielles ne sont pas exploitées.” Selon Bob Dinneen, président de la Renewable Fuels Association [qui représente l’industrie américaine de l’éthanol], l’événement souligne l’importance de la législation récemment adoptée pour subventionner la production d’éthanol. Pour le ministre des Finances, Henry Paulson, c’est l’occasion de s’émerveiller de la résistance de l’économie américaine. “Si l’on examine les changements structurels survenus dans notre économie, on constatera une utilisation plus efficace du pétrole, lequel a globalement un impact bien moindre sur notre croissance”, explique-t-il. Une centaine de facteurs – perturbations de la production au Nigeria, spéculation à Singapour, faiblesse du dollar – ont poussé le prix du baril jusqu’à 100 dollars. Mais on ne risque guère de se tromper en disant que le prix atteint le 2 janvier n’était pas directement dû à la vénalité des patrons d’ExxonMobil, ni à notre inexplicable hésitation à effectuer des forages pour extraire du méthane dans le Grand Canyon, ni au manque de subventions pour les projets de transformation du gras de bacon en carburant. De fait, cela n’a rien à voir avec ce que font ou ne font pas les Américains. Comme on ne cesse de nous le rappeler, les Américains représentent 5 % de l’humanité mais 25 % de l’utilisation mondiale de pétrole. Les habitudes de consommation des Etats-Unis ont traditionnellement eu un énorme effet sur le prix mondial de cette matière première. Mais notre poids diminue de plus en plus, sur le plan macroéconomique, s’entend. Le brut s’est négocié 100 dollars le baril le jour même où l’Institute for Supply Manufacturing annonçait que le secteur manufacturier – vous savez, celui qui, si gourmand en énergie, consomme tant de pétrole – s’était contracté en décembre. Théoriquement, il devrait être difficile pour le prix du brut d’augmenter, alors que le moteur de l’économie mondiale tourne au ralenti et risque même de lui faire faire machine arrière. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit en 2007. Les prix du marché dépendent de l’offre et de la demande. Et, même lorsque la demande stagne aux Etats-Unis, la demande mondiale, elle, explose. Selon la Banque mondiale, 104 pays ont enregistré une croissance de plus de 5 % en 2006 – un record des temps modernes –, et la plupart ont conservé le même rythme tout au long de 2007. La hausse des prix du carburant a peut-être poussé les Américains à acheter des voitures plus petites, mais elle n’a pas dissuadé les entreprises et les ménages d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique d’engloutir du pétrole. Selon l’OPEP, la demande mondiale en 2007 a crû de 1,4 %, soit 1,2 million de barils par jour. Mais les Etats-Unis et les pays industrialisés d’Asie et d’Europe – les 30 Etats membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) – ont réduit leur consommation. La totalité de l’augmentation de la demande a donc été imputable aux pays non membres de l’OCDE. A l’évidence, la Chine est dans le coup. En 2007, elle a absorbé 7,6 millions de barils par jour, contre 5,6 millions en 2003. En partie grâce à la croissance économique de ce pays, l’Asie a dépassé en 2004 les Etats-Unis comme premier consommateur de pétrole dans le monde, estime Daniel Yergin, président du cabinet d’études Cambridge Energy Research Associates, spécialisé dans l’énergie. Mais la demande explose aussi partout ailleurs, en particulier au Moyen-Orient. Les pays qui se sont enrichis grâce aux pétrodollars ne dépensent pas seulement leur argent en champagne et en hôtels de luxe sur la Côte d’Azur. Ils investissent massivement dans diverses économies, construisant des choses qui consomment beaucoup d’énergie – tours résidentielles à Dubaï, pistes de ski couvertes à Bahreïn, usines pétrochimiques au Koweït et en Arabie Saoudite. Par le passé, l’OPEP pouvait calmer le jeu en développant son offre. Mais l’augmentation de la production de ses membres ne suffit plus à couvrir leur propre consommation. Entre 1997 et 2007, note Daniel Yergin, les 6 membres moyen-orientaux du cartel (Iran, Irak, Koweït, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats arabes unis) ont pompé 2,5 millions de barils de plus par jour. Mais, parallèlement, ils en ont utilisé 1,9 million de plus par jour. Résultat, les trois quarts de la production supplémentaire sont restés dans la région. Les tendances qui ont dopé la demande en 2007 restent inchangées. Selon l’OPEP, la demande mondiale augmentera de 1,3 million de barils par jour en 2008, dont 1,1 million, soit 80 %, rien que pour les pays non membres de l’OCDE. A elle seule, la Chine devrait consommer 400 000 barils de plus par jour. D’après les analystes de la banque d’affaires Lehman Brothers, en 2008 les pays de l’OPEP utiliseront 350 000 barils supplémentaires par jour, soit une hausse de 4 %. Nous ne pouvons rien y faire. En brûlant moins de carburant, en faisant tourner les usines à plus faible régime, en redoublant d’efforts pour économiser l’énergie et pour trouver des solutions de substitution, nous économiserons sans doute un peu d’argent. Mais cela ne fera pas baisser les prix à la pompe. Daniel Gross Slate Mais ce n'est pas tout.... (vidéo) December 13 Super, le pouvoir d'achat ! Si j’avais le pouvoir d’achat Aaaaaaah J’achèterais plein d’objets sans fil Aaaaaaah J’achèterais un écran plat Aaaaaaah La vie serait plus facile Je t’achèterais un stylo Je t’achèterais un cahier Peut-être même que je pourrais payer L’université Donnez, donnez-moi, le pouvoir d’achat Donnez, donnez-moi, le super marché Le super pouvoir de pouvoir marcher Tout en achetant du lait UHT Donnez, donnez-moi, le pouvoir d’achat… Donnez, donnez-moi, le pouvoir d’achat… Si j’avais le pouvoir d’achat Aaaaaaah J’achèterais des boites en plastique Aaaaaaah J’achèterais une tente Quechua Aaaaaaah Aujourd’hui on ne sait jamais Je t’offrirais le TER Je t’emmènerais jusqu’à Beauvais Peut-être même que je pourrais payer L’hospice de mémé Si j’avais le pouvoir d’achat, je devrais payer plus d’impôts Mais en fait je paierais moins d’impôts, car c’est très bien fait les impôts Si j’avais le pouvoir d’achat, j’prendrais un camembert président Celui qui sent des pieds, le président y sent des pieds J’irais chez le coiffeur, oh non pas le coiffeur Je m’abonnerais à la piscine puis j’irais chez le podologue Faire enlever mes verrues, je roulerais des heures en vélib J’achèterais un barbecue, j’achèterais un rottweiler Pour protéger mon barbecue Puis je placerais 1000 euros à l’excellent taux de 4%, ce qui me fera, au bout de dix ans, la coquette somme de 400 euros. 400 euros, c’est très important, je pourrai m’acheter une brosse à dent, du jus d’ananas, et un téléphone pour pouvoir raquer encore un peu plus ... =La chanson du Dimanche(.com)= (La pèche !) December 07 ARBRacadabrantesque !Qu'est ce qui est illégal? August 30 Biocarburants : info ou intox ?Les cinq mythes de la transition vers les agrocarburantsBiocarburants... Le mot évoque l’image flatteuse d’une énergie renouvelable propre et inépuisable, une confiance dans la technologie et la puissance d’un progrès compatible avec la protection durable de l’environnement. Il permet à l’industrie, aux hommes et femmes politiques, à la Banque mondiale, aux Nations unies et même au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de présenter les carburants fabriqués à partir du maïs, de la canne à sucre, du soja et d’autres cultures comme la prochaine étape d’une transition douce, du pic de la production pétrolière à une économie énergétique issue de ressources renouvelables, qui reste encore à définir. Les programmes sont d’ores et déjà ambitieux. En Europe, il est prévu que ces combustibles issus de la biomasse couvrent 5,75 % des besoins en carburants routiers en 2010 et 20 % en 2020. Les Etats-Unis visent trente-cinq milliards de gallons (1) par an. Ces objectifs dépassent de loin les capacités de production de l’agriculture des pays industrialisés de l’hémisphère Nord. L’Europe serait tenue de mobiliser 70 % de ses terres arables pour tenir son pari ; la totalité des récoltes de maïs et de soja des Etats-Unis devrait être transformée en éthanol et en biodiesel. Une telle conversion mettrait sens dessus dessous le système alimentaire des nations du Nord. Aussi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’intéressent-ils à l’hémisphère Sud pour couvrir leurs besoins. L’Indonésie et la Malaisie accroissent rapidement leurs plantations de palmiers à huile pour être capables d’approvisionner le marché européen du biodiesel à hauteur de 20 %. Au Brésil – où la superficie de terres arables consacrées aux cultures pour les carburants occupe déjà une portion de territoire de la taille du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Belgique, et du Luxembourg réunis –, le gouvernement prévoit de multiplier par cinq la superficie consacrée à la canne à sucre. Son objectif est de remplacer 10 % de la consommation mondiale d’essence d’ici à 2025. La rapidité à laquelle s’opèrent la mobilisation des capitaux et la concentration de pouvoir au sein de l’industrie des agrocarburants est stupéfiante. Sur les trois dernières années, les investissements de capital-risque y ont été multipliés par huit. Les financements privés inondent les institutions publiques de recherche, comme l’atteste le demi-milliard de dollars de subventions accordé par BP (ex-British Petroleum) à l’université de Californie. Les grands groupes pétroliers, céréaliers, automobiles et d’ingénierie génétique passent de puissants accords de partenariat : Archer Daniels Midland Company (ADM) et Monsanto, Chevron et Volkswagen, BP, DuPont et Toyota. Ces multinationales cherchent à concentrer leurs activités de recherche, de production, de transformation et de distribution relatives à nos systèmes alimentaires et d’approvisionnement en carburants. Raison de plus pour que, avant de prendre le train en marche, les mythes sous-jacents à la transition vers les agrocarburants soient mis en pleine lumière. 1. les agrocarburants sont propres et protègent l’environnement Parce que la photosynthèse mise à contribution pour ces cultures soustrait des gaz à effet de serre de l’atmosphère et que les agrocarburants peuvent réduire la consommation d’énergie fossile, on prétend qu’ils protègent l’environnement. Lorsqu’on analyse leur impact « du berceau à la tombe » – du défrichage jusqu’à leur utilisation dans les transports routiers –, les réductions limitées d’émissions de gaz à effet de serre sont annulées par celles beaucoup plus importantes dues à la déforestation, aux incendies, au drainage des zones humides, aux pratiques culturales et aux perte de carbone du sol. Chaque tonne d’huile de palme émet autant, sinon plus, de gaz carbonique que le pétrole (2). L’éthanol produit à partir de canne à sucre cultivée sur des forêts tropicales défrichées émet moitié plus de gaz à effet de serre que la production et l’utilisation de la quantité équivalente d’essence (3). Lorsqu’il commente l’équilibre planétaire du carbone, Doug Parr, responsable scientifique en chef de Greenpeace, déclare catégoriquement : « Si l’on produisait seulement 5 % de biocarburants en anéantissant des forêts primaires encore existantes, on perdrait la totalité du gain sur le carbone. » Les cultures industrielles destinées aux carburants nécessitent des épandages massifs d’engrais produits à partir du pétrole, dont la consommation mondiale – actuellement de 45 millions de tonnes par an – a fait plus que doubler le niveau d’azote biologiquement disponible sur la planète, contribuant ainsi fortement aux émissions d’oxyde nitreux, un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement global est trois cents fois plus élevé que celui du CO2 [dioxyde de carbone]. Dans les régions tropicales – d’où la plus grande part des agrocarburants seront bientôt issus –, les engrais chimiques ont dix à cent fois plus d’effet sur le réchauffement planétaire que dans les régions tempérées (4). Obtenir un litre d’éthanol requiert trois à cinq litres d’eau d’irrigation et produit jusqu’à treize litres d’eau usée. Il faut l’équivalent énergétique de cent treize litres de gaz naturel pour traiter ces eaux usées, ce qui augmente la probabilité qu’elles soient tout simplement relâchées dans l’environnement en polluant les rivières, les fleuves et les nappes phréatiques (5). L’intensification des cultures énergétiques pour les carburants a aussi pour conséquences d’aggraver le rythme de l’érosion des sols, en particulier dans le cas de la production du soja – 6,5 tonnes par hectare et par an aux Etats Unis ; jusqu’à 12 tonnes au Brésil et en Argentine. 2. les agrocarburants n’entraînent pas de déforestation Les promoteurs des agrocarburants soutiennent que les cultures effectuées sur des terres écologiquement dégradées amélioreront l’environnement. Peut-être le gouvernement brésilien avait-il cela en tête quand il a requalifié quelque 200 millions d’hectares de forêts tropicales sèches, prairies et marais, en « terres dégradées » et aptes à la culture (6). En réalité, il s’agissait d’écosystèmes d’une grande biodiversité dans les régions du Mata Atlántica, du Cerrado et du Pantanal, occupées par des populations indigènes, des paysans pauvres et de grandes exploitations d’élevage extensif de bovins. L’introduction de cultures destinées aux agrocarburants aura tout simplement pour résultat de repousser ces communautés vers la « frontière agricole » de l’Amazonie, là où les modes dévastateurs de défrichement sont trop bien connus. Le soja fournit déjà 40 % des agrocarburants du Brésil. Selon la national Aeronautics and Space Administration (NASA), plus les prix du soja grimpent, plus s’accélère la destruction de la forêt humide de l’Amazonie – 325 000 hectares par an, au rythme actuel. En Indonésie, les plantations de palmiers à huile destinés à la production de biodiesel – appelé « diesel de la déforestation » – sont la principale cause du recul de la forêt. Vers 2020, ces surfaces y auront triplé, pour atteindre 16,5 millions d’hectares – l’Angleterre et le Pays de Galle réunis –, avec comme résultat une perte de 98 % du couvert forestier (7). La Malaisie voisine, premier producteur mondial d’huile de palme, a déjà perdu 87 % de ses forêts tropicales et continue à les défricher à un rythme de 7 % par an. 3. les agrocarburants permettront le développement rural Sous les tropiques, 100 hectares dédiés à l’agriculture familiale créent trente-cinq emplois ; les palmiers à huile et la canne à sucre dix, les eucalyptus deux, le soja à peine un demi. Jusqu’à récemment, les agrocarburants desservaient principalement des marchés locaux et sous-régionaux. Même aux Etats-Unis, la plupart des usines de production d’éthanol, de taille relativement modeste, appartenaient aux agriculteurs. Avec le boom actuel, la grande industrie entre dans le jeu, créant des économies d’échelles gigantesques et centralisant l’exploitation. Les groupes pétroliers, céréaliers, et les producteurs de cultures transgéniques renforcent leur présence sur toute la chaîne de valeur ajoutée des agrocarburants. Cargill et ADM contrôlent 65 % du marché mondial des céréales ; Monsanto et Sygenta dominent le marché des produits génétiquement modifiés. Pour leurs semences, leurs intrants, les services, les transformations et la vente de leurs produits, les paysans cultivant pour les agrocarburants seront de plus en plus dépendants d’une alliance de sociétés fortement organisées. Il est peu probable qu’ils en tirent des bénéfices (8). Plus vraisemblablement, les petits exploitants agricoles seront expulsés du marché et de leurs terres. Des centaines de milliers ont déjà été déplacés dans la « république du soja », une région de plus de 50 millions d’hectares couvrant le sud du Brésil, le nord de l’Argentine, le Paraguay et l’est de la Bolivie (9). 4. les agrocarburants ne causeront pas la faim Selon la Food and Agricultural Organization (FAO), il y a assez de nourriture dans le monde pour alimenter tous les habitants avec une ration journalière de 2 200 calories sous forme de fruits frais et secs, de légumes, de produits laitiers et de viande. Pourtant, parce qu’elles sont pauvres, 824 millions de personnes continuent à souffrir de la faim. Or, la transition qui s’annonce met en concurrence la production alimentaire et celle de carburants dans l’accès à la terre, à l’eau et aux ressources. Un exemple concret en est actuellement donné au Mexique. Ses barrières douanières ayant été démantelées dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) (10), le Mexique importe désormais 30 % de son maïs des Etats-Unis (11). La croissante demande d’éthanol dans ce pays a provoqué une énorme pression sur le prix de cette céréale, qui est monté, en février 2007, à son plus haut niveau en dix ans, provoquant une augmentation dramatique du prix de la tortilla – plat de base de la population mexicaine. Confronté aux manifestations de mécontentement d’une population pauvre frappée à l’estomac, le gouvernement de M. Felipe Calderón, au terme d’une réunion avec les transnationales de l’industrialisation et de la distribution, a dû limiter l’augmentation du prix de la tortilla à 40 % jusqu’en août prochain. Profitant de la conjoncture, le Centre d’études économiques du secteur privé (CEESP) a publié une série d’« études » affirmant que la sortie de crise, pour le Mexique, passe par la production de maïs pour agrocombustibles et que celui-ci « doit être transgénique (12) ». A l’échelle de la planète, les personnes les plus pauvres dépensent déjà 50 à 80 % de leur revenu familial pour leur alimentation. Elles souffrent quand les prix élevés des cultures pour carburants font monter le prix des aliments. L’International Food Policy Research Institute (Ifpri, Institut international de recherche sur les politiques de l’alimentation) de Washington a estimé que le prix des aliments de base s’accroîtra de 20 % à 33 % en 2010 et de 26 % à 135 % en 2020. Or, chaque fois que le coût de la nourriture augmente de 1 %, 16 millions de personnes tombent dans l’insécurité alimentaire. Si la tendance actuelle continue, 1,2 milliard d’habitants pourraient souffrir chroniquement de la faim en 2025 (13). Dans ce cas, l’aide alimentaire internationale ne sera probablement pas d’un grand secours, nos surplus agricoles allant... dans nos réservoirs d’essence. 5. les agrocarburants de « deuxième génération » sont à portée de main Les promoteurs des agrocarburants aiment à rassurer les sceptiques en affirmant que ces derniers, actuellement produits à partir de cultures vivrières, seront bientôt remplacés par d’autres plus compatibles avec l’environnement, comme des arbres à pousse rapide et le panicum virgatum (graminée dont la touffe de feuillage atteint 1,80 mètre de haut). Cela leur permet de rendre plus acceptables les agrocarburants de première génération. Savoir quelles cultures seront transformées en carburant n’est pas pertinent. Les plantes sauvages n’auront pas une moindre « empreinte environnementale » car leur commercialisation transformera leur écologie. Cultivées de façon intensive, elles migreront rapidement des haies et des terrains boisés vers les terres arables – avec les conséquences environnementales associées. L’industrie vise à produire des plantes cellulosiques, génétiquement modifiées – en particulier des arbres à croissance rapide –, qui se décomposeraient facilement pour libérer des sucres. Compte tenu de l’aptitude à la dissémination déjà démontrée des culture génétiquement modifiées, on peut s’attendre à des contaminations massives. Toute technologie dont le potentiel permet d’éviter les pires impacts du changement climatique doit être commercialisée à grande échelle dans les cinq à huit ans qui viennent. Perspective très peu probable dans le cas de l’éthanol issu de la cellulose, produit qui, jusqu’à présent, n’a démontré aucune réduction d’émission de carbone (14). L’industrie des agrocarburants est en train de parier sur des miracles. L’Agence internationale de l’énergie estime que, dans les vingt-trois ans à venir, le monde pourrait fabriquer jusqu’à 147 millions de tonnes d’agrocarburants (15). Un tel volume produira beaucoup de carbone, d’oxyde nitreux, d’érosion, et plus de 2 milliards de tonnes d’eaux usées. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne compensera que l’accroissement annuel de la demande mondiale de pétrole, actuellement évaluée à 136 millions de tonnes par an. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour les grandes sociétés céréalières, certainement. Qu’elles s’appellent ADM, Cargill ou Bunge, elles sont les piliers de l’agroalimentaire. elles sont entourées d’une cohorte tout aussi puissante de transformateurs de matières premières et de distributeurs, eux-mêmes associés à des chaînes de supermarchés d’un côté et, de l’autre, aux sociétés de l’agrochimie, des semences et du machinisme agricole. Sur 5 dollars consommés pour la nourriture, 4 dollars correspondent à l’activité de l’ensemble de ces sociétés. Or, depuis un certain temps, la partie production a souffert d’une « involution » : des quantités croissantes d’investissements (intrants chimiques, ingénierie génétique et machinisme) n’ayant pas augmenté les taux de productivité de l’agriculture, le complexe agroalimentaire doit dépenser plus pour récolter moins. Les agrocarburants sont la réponse parfaite à cette involution. Subventionnés et en phase de croissance alors que le pétrole recule, ils facilitent la concentration entre les mains des acteurs les plus puissants des industries de l’alimentation et de l’énergie. Malheureusement, la transition vers les agrocarburants souffre d’une tare congénitale. Ceux-ci entrent en compétition avec la nourriture pour les terres, pour l’eau et pour les ressources. Développés à leur extrême, ils seront utilisés pour produire... des agrocarburants. Une proposition pathétique au point de vue thermodynamique. Ils nous obligent à vivre au-dessus de nos moyens. « Renouvelable » ne veut en effet pas dire « sans limites ». Même si les cultures peuvent être replantées, la terre, l’eau et les nutriments demeurent limités. En fait, l’attractivité de ces biocombustibles réside dans le fait qu’ils pourraient prolonger l’économie fondée sur le pétrole. Avec une estimation de quelque 1 000 milliards de barils de réserves mondiales restantes de pétrole conventionnel, un baril de pétrole à 100 dollars n’est pas loin (16). Et plus le prix du pétrole sera élevé, plus le prix de revient de l’éthanol pourra s’accroître tout en restant compétitif. C’est d’ailleurs là que réside la contradiction pour les agrocarburants de deuxième génération : au fur et à mesure que le coût des hydrocarbures augmente, les agrocarburants de première génération deviennent plus rentables, décourageant ainsi d’investir dans le développement de ceux qui pourraient leur succéder. Si le pétrole atteint 80 dollars par baril, les producteurs d’éthanol peuvent se permettre de payer au-delà de 5 dollars le boisseau (environ 127 kg) de maïs, le rendant ainsi compétitif y compris vis-à-vis de la canne à sucre. La crise énergétique mondiale est potentiellement un pactole de 80 000 milliards à 100 000 milliards de dollars pour les groupes alimentaires et pétroliers. Pas étonnant que nous ne soyons pas incités à déroger à nos habitudes de « surconsommation ». La transition vers les agrocarburants n’a rien d’inévitable. Nombre de solutions de remplacement locales menées avec succès sur le terrain, tout en étant efficaces au niveau énergétique et en restant centrées sur les besoins des habitants, sont déjà opérationnelles pour produire de la nourriture et de l’énergie sans menacer l’environnement, ou les moyens d’existence. Aux Etats-Unis, des dizaines de petites coopératives locales produisent du biodiesel – souvent à partir d’huile végétale recyclée. La majorité des coopératives d’éthanol du Middle West sont – pour le moment – entre les mains des agriculteurs locaux. De même, ceux-ci possèdent près des trois quarts des raffineries d’éthanol du Minnesota, et d’importantes subventions leur ont été attribuées. Il serait inacceptable pour les pays du nord de déplacer le fardeau de leur surconsommation vers le sud de la planète tout simplement parce que les pays intertropicaux bénéficient de plus de soleil, de pluie et de terres arables. Eric Holtz-Giménez, Le Monde DiplomatiqueDes livres...Biofuels for Transportation : Global Potential and Implications for Sustainable Agriculture and Energy in the 21st Century. – Worldwatch Institute, Earthscan, Londres, 2007. Les Biocarburants. Etat des lieux, perspectives et enjeux du développement. – Daniel Ballerini et Nathalie Alazard-Toux (sous la dir. de), Technip, Paris, 2006. L’optimisation du dispositif de soutien à la filière biocarburants. – La Documentation française, Paris, 2005. ... et des sitesBiofuelwatch Biocarburants : une catastrophe écologique et sociale programmée ! International Food Policy Research Institute (IFPRI) Agence européenne de l’environnement (AEE) Une énergie verte ?Jamais la recherche de nouvelles sources d’énergie n’a paru aussi urgente. Pétrole, charbon et gaz contribuent au réchauffement de la planète, surtout les deux premiers. En outre, certains experts estiment que les réserves de combustibles fossiles ne dureront encore que quarante ou cinquante ans. Quand bien même ils se tromperaient de quelques dizaines d’années, le problème de l’énergie de l’avenir n’en serait pas résolu pour autant. En attendant, les prix du pétrole flambent... Mais comment s’en passer ? Sans remonter à 1890, année au cours de laquelle fut conçu le premier moteur fonctionnant à l’huile d’arachide, on sait qu’il est possible de produire des biocombustibles à partir d’une variété infinie de matières agricoles : arbres à croissance rapide, canne à sucre, maïs, colza, soja, etc. Précurseurs en la matière depuis 1975, au lendemain du premier choc pétrolier, des millions de Brésiliens utilisent des automobiles qui roulent à l’éthanol – issu de la canne à sucre –, à l’essence ou aux deux à la fois. De quoi mettre à l’ordre du jour ces sources d’énergie. Dans ce registre, les Etats-Unis viennent de décider une réduction de 10 % de leur dépendance pétrolière au cours des dix prochaines années, à travers l’incorporation de 10 % d’éthanol dans l’essence vendue dans le pays. L’Union européenne entend remplacer 5,75 % de sa consommation d’essence et de diesel par les biocombustibles d’ici à 2010, ce pourcentage devant passer à 20 % en 2020. Toutefois, la visite de M. George W. Bush au Brésil, en mars 2007, a provoqué l’émergence d’une polémique sur les agrocarburants. Proposant la création d’une « Opep des biocombustibles » – le Brésil et les Etats-Unis contrôlent 72 % de la production mondiale –, le locataire de la Maison Blanche a trouvé un écho favorable chez son homologue brésilien, M. Luiz Inácio Lula da Silva. Ce dernier a prôné une « alliance stratégique qui nous permette de convaincre le monde qu’il est possible de changer les habitudes énergétiques ». Certes, des considérations autres que la protection de l’environnement animent le chef d’Etat américain : réduire la dépendance pétrolière des Etats-Unis à l’égard du Proche-Orient et d’un pays « non ami » comme le Venezuela, opposer « Lula » à M. Hugo Chávez, freiner le projet d’intégration énergétique de l’Amérique du Sud défendu par ce dernier. Mais le débat va bien au-delà. Pour leurs défenseurs, ces carburants alternatifs n’épuisent pas les précieuses ressources naturelles de la planète. Tout en participant à renforcer l’indépendance énergétique de leurs pays, ils offrent des perspectives intéressantes pour les agriculteurs, particulièrement dans les pays en voie de développement. En Europe, ils permettraient de valoriser les terres « gelées » par la politique agricole commune (la culture sur jachère à des fins non alimentaires étant acceptée par l’Union). Parmi les opposants, le premier chef d’Etat à s’insurger, au nom des « masses sous-alimentées du Sud », a été M. Fidel Castro, le 9 mai : « Le fait est que l’alternative est bel et bien là : on destine la terre soit à la production d’aliments soit à la fabrication de biocarburants. » Compte tenu de leur niveau de consommation, les pays développés ne disposent pas de surfaces agricoles suffisantes pour une telle mutation. D’où l’idée d’avoir recours aux pays du sud pour leur fournir une énergie bon marché. Mais à quel prix pour ces derniers ? Un document intitulé « Sustainable energy : A framework for decision makers » préparé par UN-Energy, groupe rassemblant les institutions et programmes des Nations unies s’occupant d’énergie, et rendu public le 9 mai, souligne les nombreux avantages dérivant des systèmes bioénergétiques eu égard à la réduction de la pauvreté, à l’accès à l’énergie, au développement et aux infrastructures rurales. Toutefois, il met en garde : « Les impacts économiques et sociaux de la bioénergie doivent être évalués avec soin avant de prendre des décisions sur le développement du secteur et sur la nature des technologies, des politiques et des stratégies d’investissement à adopter. » http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51883 (Rien à voir mais je fais de la pub...) August 09 Pas de titre...[…] « Le lecteur est-il convaincu de l’imminence du triple choc, de l’ampleur de ses conséquences et de la nécessité de mettre en œuvre des sociétés de sobriété ? Non, sans doute pas encore. Ce scepticisme provient pour une part de la grande méconnaissance de cette question neuve, pour une autre part de l’incrédulité, voire de la sidération dont nous pouvons être saisis devant l’ampleur de ses conséquences, et pour une dernière part du sentiment de désarroi face au bouleversements de nos habitudes mentales et comportementales, individuelles et collectives, que supporterait l’acceptation de cette réalité du monde. Rassurés par le mutisme des médias et de nos responsables, abusés par notre ignorance scientifique et éprouvant la plus grande répugnance à intégrer l’idée d’une telle mutation, nous désirons penser que ce problème de pic de Hubbert est l’affaire de quelques savants, peut-être même le résultat des élucubrations de certains chercheurs, en tout cas probablement très exagéré et majoritairement faux, bien qu’il contienne sans doute une petite part de vérité. Que nos responsables économiques et politiques sauront faire face à cette petite épreuve, comme ils ont su le faire lors des chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Que nous pouvons leur faire confiance, ainsi qu’au génie humain, au marché et au progrès. Ainsi réfléchissons-nous aujourd’hui, dans un réflexe naturel validé par le silence de nos gouvernants. Et pourtant le triple choc pétrolier est bien, hélas, une réalité incontournable, que j’ai essayé d’exposer dans ce livre. Et pourtant nos gouvernants, pris eux aussi dans la spirale aveuglante de notre modèle actuel, et touchés comme chacun par le réflexe du déni, n’ont nullement anticipé cet avenir si proche, laissant nos sociétés dans un état d’impréparation coupable. Face à l’échéance du triple choc, il est de la responsabilité de chacun d’entre nous d’en faire sa priorité, de se déterminer sur cette nouvelle perspective, pour convaincre et mobiliser la société, pour engager nos responsables politiques à revenir sur leur inconséquence. » […]
Yves Cochet, Pétrole Apocalypse June 25 ConclusionsEt enfin la conclusion de ce périple de 5 longues-courtes semaines...
Mon sentiment premier est que, bien que l'on nous vante, et vende, de beaux voyages aux quatres coins du Monde, la France est un beau pays.
Je reprendrais le discours de plusieurs de mes amis qui me disaient : "Nous avons de la chance de vivre en France".
Et oui, je suis d'accord, quelle chance nous avons de pouvoir découvrir un territoire de plus de 550.000 m2, un des plus variés d'Europe, sans doute car j'ai bien peu voyagé en dehors de l'Hexagone. Mais j'ai vu la France, pas en entier mais j'en ai vu un bel échantillon : Bretagne Nord et Sud, Vendée, Landes, Dordogne, Pays Basque, Gers, Haute-Garonne, Pyrénées, la Corse, les Cevennes, la Savoie, la Champagne... Et il en reste des coins à découvrir.
Mouais, un bien beau pays... mais juste pour les paysages par contre. Non, parce qu'au niveau du mode de vie, je louerai, bizarrement sauf pour ceux qui pensent me connaitre, celui du Pérou. Je peux essayer de voir ce que vous en penser : "mais on a aussi une chance d'avoir autant de libertés, le droit de vote, une démocratie, on a des routes bitumées, nous, et des voitures personnelles, etc." Oui, on appelle ça un pays développé. Et on nous dis que c'est "normal" (j'adore ce mot...), que c'est LA voie a suivre, celle du développement sans fin. Des problèmes ecologiques dûs a ce développement ? Pas de problème, on rajoute juste un joli "durable" derrière, on fait croire au gens que nos dirigeants en ont quelques à faire de cette satanée écologie qui nous bride nos bénéfices, et le tour est joué, tout le monde tombe dans le panneau...
Evidement, au Pérou, l'écologie... ça leur passe un peu au dessus... Autant d'un point de vue personnel (ma poubelle ? la rivière !) que d'un point de collectif (pollution enorme dûe aux taxis en ville, aux usines de fertiliants, etc). Oui, c'est sûr... Mais de là à dire qu'il sont pire que nous... Non, ils ne recyclent pas, non ils ne font pas attention aux sacs plastiques qu'ils donnent, non y'a pas de poubelle à chaque coins de rue... Mais par contre, la voiture personnelle est un luxe, un vrai, celui qu'on a oublié chez nous. Ils ont beaucoup de taxis mais remplis, pas X voitures remplies par autant de personnes... Et leur bouffe vient de chez eux, pas des quatres coins du Monde. Pas besoin de faire venir la nourriture par charters entiers, donc autant de pollution en moins. Ah oui, les fertilisants... Oui, la Société de consommation sévit là bas aussi mais finalement, comparé à notre bonne vieille France, c'est du pipi de chat... Oui, il y a des supermarchés et les industriels ont sans doute besoin de fertilisants, mais j'en sais pas plus je partais pour des vacances, pas pour un reportage, même si il y avait de quoi faire (clin d'oeil-clin d'oeil). Donc finalement, le BIO c'est pour la campagne, ils bouffent des poulets parqués mais en plein air, avec un toit au dessus de leur tête mais sans doute pas nourris à la farine animale comme chez nous ! Ah bon, c'est fini ce temps là ? Ah... Les "papas" sont du pays, le riz aussi, les legumes certainement et les marchés poussent comme des champignons, et a voir les légumes, point de calibrages, point de gachis, bref, on est loin de NOS supermarchés. Et j'ai pas vu de légumes dans les leurs...
Une petite conclusion religieuse, ça fait pas de mal. Ils sont très croyants mais je doute qu'ils soient des pratiquants exemplaires. Bon, je ne m'y connais pas en religion mais il y a des choses que je ne me permettrais pas si je croyais en un "être supérieur qui me surveille jour et nuit" (non, pas Big Broher... quoi que...) et qui ne les dérange pas du tout, comme... bon, j'ai pas d'exemple. Mais ils sont très différents de nos croyants... quoi que, finalement, je connais des croyants non pratiquants qui sont des ordures. Mais j'ai rencontrés des femmes pratiquantes assurement et a qui j'ai appris que l'Islam et Allah existaient. Au niveau ouverture d'esprit, on fait mieux. Et la Pachamama, Inti, et les Chamans sont definitivement oubliés... En 450 ans, je trouve ça dur. Surtout quand on pense qu'on voue encore un culte sans borne a quelqu'un (quelque chose ?) depuis 2000 ans... Merci les Espagnols d'avoir éradiqué une civilisation aussi intéressante que celle des Incas. Les Incas avaient fait de même ? Oui, mais a plus petite échelle, et on ne peut pas utiliser le verbe "éradiquer", pluôt "englober".
Et que penser alors d'une civilisation bien plus récente, dont les membres sont encore mal définis, et qui par une chose appelée "libéralisme" ou "capitalisme" (politique actuellement basée sur une croissance infinie alors que nos ressources sont finies, dsl, je fais ma pub aussi, Decreceremos!) se permet d'éradiquer plusieurs civilisations mais avec des moyens bien plus subtiles que des épées, des haches et de la poudre à canon ? Et que pensez des moyens d'endoctrinement mis en oeuvre par cette même civilisations pour effacer de la mémoire de sa population tout trait humaniste, ecologique ou tout simplement responsable envers son prochain, son avenir ?
Et les gens alors ? Et bien, je les ai tous trouvé ouvert, peu étaient mal intentionnés envers le Gringo que j'étais. Evidement, plus on se rapproche des cités, plus on touche du doigt Babylon : TV, publicité, nuisances sonores, pollution atmosphérique, proximité de l'argent par le jeu ou les banques, fortes présence policière, etc. Et celà entraine irrémédiablement des troubles chez le citadin : avarice, envie... un peu comme chez nous en faite sauf que les envieux se distinguent, vestimentairement parlant, de leurs congénères. Là bas, non, les "écarts sociaux" ne m'ont pas semblés aussi flagrants. Et tout le monde cotoie tout le monde. Oh, j'ai bien rencontré quelques types un peu allumés mais bien moins qu'en France...
A la campagne, j'y ai trouvé plus d'authenticité, comme en France bizarrement. Mais c'est quoi la France ? Les "Gordon Gekko" et leur attachés-cases ou Victor retournant son champs ? Impossible de simplifier les choses de la sorte, effectivement ! Mais avouez que si la France n'était un pays de Gekko, ce serait moins rigolo... Plus de cave, plus de champs boueux où allez faire jouer le p'tit et le chien, plus de forêt, plus de vaches ! Mais je m'emballe peut-être... Je devrais peut-être revoir la définition d'"authentique" avant : "Vrai, conforme à la réalité". (La première question qui me viens c'est : "C'est quoi la réalité?") Ca ne m'aide pas mais Gekko joue un rôle, ce n'est pas naturel de vouloir emfler les gens de la sorte alors que Victor est bien plus naturel dans son habit d'agriculteur. Bref, j'en étais où moi... Ah oui, les Péruvien des champs. Donc, j'en ai rencontrés 2 sortes, ceux qui voyaient d'un bon oeil le tourisme, et les autres, plutôt réfractaires au tourisme de masse, pas au petit tourisme classique, celui qu'on trouve au supermarché du coin... Les derniers souhaitaient seulement le réguler, les premiers voir les touristes affluer. Mais tous étaient amicaux. Le temps dira qui gagnera la partie. J'ai malheureusement ma petite idée mais je ne vous dirais pas "COURREZ VITE LA BAS AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD !", et comme mon idée et mon souhait sont en parfait désaccord, je vous dirai simplement, et calmement : "Allez-y, mais avant demandez vous si ce voyage n'est pas un caprice, un simple plaisir que l'on s'accorde comme si on achetait un nouveau lave-vaisselle, si ce voyage, au final, vous rendra vraiment plus heureux ?". Et assurez vous aussi que ce voyage n'ai pas d'incidence sur votre retour en France (si vous venez de France, evidement...), n'ayez pas d'attentes trop importantes (le mieux étant de ne pas en avoir, mais faut pas se mentir, on en a toujours, sauf les menteurs), ne sous estimez pas le côté obscur du voyage.
Autre chose, pensez a prendre un bouquin pas trop gros, qui vous appartient (pas celui d'un ou d'une amie), et qui, mais alors là j'en demande peut-être beucoup, qui vous fasse vous évader. Sinon, la collec' Arlequin doit bien fonctionner aussi mais alors prenez 12 volumes...
Allez, j'arrête d'écrire des bêtises, mais que voulez vous j'adore ça, et ça me permet de pas les dire.
Hasta luego
Mateo (de Lima Galva de Ignacio Pero) June 11 Finalement, c'était pas le dernier...Bon, comme le titre l'indique, me revoilou.
Je reviens juste de 3 jours et 3 nuits en pleine montagne péruvienne. Avec un peu mal partout, les pieds, les épaules, la hanche... Bah oui, faut bien porter les qqes litres d'eau nécéssaires pour pouvoir camper, se faire à manger, etc.
Une fin de voyage parfaite, si ce n'est une petite altercation avec un torrent n'aimant pas les gringos...
Voilà, je reprends le bus pour Lima ce soir à 22h, j'y arriverai vers 6h et je me rejouis déjà de cette folle journée dans cette agréable cité... Mais bon, c'était ça oú partir a 8h00 le 22 et arriver sur les coups de 16h, et j'ai pas envie d'être speed.
Sinon, que dire... J'ai bien hâte de vous retrouver, tous.
Hasta luego
Chao
Bye
Hasta la vista
Arwiderzen (?)
Tchoutchou tchi ha (??)
A bientôt quoi...
Matthieu
PS : Benoit si tu vois ce message, j'ai ce que tu m'a demandé, par contre Claire, je m'en ramenerai bien un peu aussi donc, je sais vraiment pas. Pis il faut que je trouve aussi... June 08 Surement les dernieres news avant l'envolFlash-back : je suis a Chachapoyas, nous sommes le 04 juin. Je discute avec une mamie et sa fille, elles me parlent de Dieu, tout }a. Elles ne comprennent pas que je ne crois pas en Lui, elles ne connaissent pas Allah, et pensent que les Incas croyait en l'Anthé-Christ... Bref, je pars prendre mon bus pour Trujillo et elles me disent " Que Dieu soit avec toi !". Et moi de penser : "Si il pouvait me trouver du gaz ton Dieu...".
J'arrive a Trujillo, puis a Huanchaco (évidement, pas de cartochas de gaz ici non plus...), je laisse donc le kilo de riz que je traine depuis Cuzco dans la cuisine du camping de Huanchaco, histoire de m'alléger, j'hésite a laisser ma casserole, mon assiette en porcelaine de Limoges et mon rechaud mais je me dis que c'est a coup á trouver une bonbonne camping-gaz plus tard...
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Et bien aujourd'hui, je suis a Huaraz, dans les montagnes (3000 m d'altitude, et je le ressens...). C'est le lieu de départ de bon nombre de trek et randonnées. Je vais a la Casa de Guias et lá, dans une vitrine, que vois-je ? Je crois rëver mais c'est... mais c'est bien.. mais oui, c'est de petites cartouches bleues de que je vois !! Vous n'imaginez pas ma joie. Tout a coup, le ciel de ma fin de séjour s'éclaircit. Je suis en montagne, les vertes contrées me tentent les bras et je vais pouvoir y passer trois nuits (S'il ne fait pas trop froid...). Bon, j'ai déja pris un hotel, j'y dors cette nuit mais demain, direction Caraz puis Cashapampa pour pouvoir planter la tente. Cashapampa est l'arrivée d'un trek (mucho demaciado caro para mi...) mais j'ai vu des photos et c'est vert, un cours d'eau (non-potable) suis le sentier. Hum, quel fin de séjour comme il faut...
Aujourd'hui, petite rando dans les alentours de Huaraz, je me suis bien perdu, les gens sont tres sympas et tres patients avec les gringos qui demandent leur chemin... les campagnes sont magnifiques, je peux vous le dire... J'ai rencontré un Japonais habitant Cuzco depuis 3 ans et qui rentre au Japon le 14, c'est sa fin de séjour a lui aussi...
Le soleil tape bien ici aussi. Mes coups de soleil de Huanchaco sont jaloux de ceux d'ici...
Pour la fin de voyage, j'ai aussi prévu un petit passage dans des Thermes, a Monterrey, avant de prendre le car pour Lima, de nuit, pour arriver vers 7h30-8h a Lima, histoire de me garder du temps avant le départ a 19h55, mais l'enregistrement 2 heures avant. Ca me fait quqnd mëme du temps a attendre...
Allez, CHAO todos.
Mateo
PS : ca fait bizarre ce dernier message... June 07 De Huanchaco BeachMiercoles, 06 de Junio, 18h45 - J-6 avant décollage.
Je suis a Trujillo, grosse ville oú il y a un musée d'archéologie et le site de Chan-Chan, mais aussi la station balnéaire de Huanchaco ! Où je viens de passer quelques jours. Nuageux puis ensoleillé et me voilà avec des coups de soleil... Bravo.
Je file ce soir pour Huaraz, dans les montagnes, en espérant pouvoir partir pour Huanuco rapidement. Ou, si je trouve Huaraz sympa, j'y passerai la fin de mon séjour... Y'a quelques balades sympa il parait.
Voilà, petit message car un peu fatigué par ce soleil brulant... Vous voyez quoi ? Et à Nantes, Toulouse, Paris, dans les Alpes ? Il fait quel temps ??
Pas de photos aujourd'hui, j'ai pas mon matos sur moi. Mais en rentrant, je vous promet de belles photos de "sunrise on the Pacific". Assez froid d'ailleurs, le Pacifique...
Je pense à vous.
Chao
Mateo June 02 Chachapoyas, chachanonnce plus dur que prévu...Hola,
Le titre est un peu stressant mais c juste un petit soucis de gaz... Les Peruviens ne connaissent pas les bonbonnes bleues de camping gaz... Et ça me bloque un peu dans mes envies d'aventures hosrs des sentiers battus. Mais on va faire avec, y'a pas de raisons.
J'en étais a Cajamarca où finalement, je ne suis pas resté longtemps. Arrivé tôt le matin, je suis reparti en fin de matinée pour Chiclayo, une grosse ville mais agréable selon les guides. Après 5 heures de route, je prend un hotel là bas et je commence ma quète a la bonbnne de gaz mais je ne pense pas a prendre le materiel avec moi et "pequenias botela de gaz", personne ne semble voir de koi je parle... Confiant, j'achète quand même des pâtes , des soupes. Mais voilá, impossible de mettre la main sur ce que je veux...
Un bus pour Chachapoyas part a 20 heures. En attendant, je dépose mon sac dans l'hôtel où j'étais et je vais me balader, bouquiner aussi [j'en ai un gros a lire et il avance bien ;) ]
Le voyage en bus est terrible, Chacha étant bien isolée, les routes sont en construction. Et de nuit, ça se sent...
J'arrive là bas sur les coups de 5heures du mat´, et je trouve un taxi qui accepte de m'emmener a Tingo, lieu d'où part le chemin vers les ruines de Kuelap, mais il faut attendre une dernière personne, nous ne sommes que 3 dans la voiture... On attend et enfin, qqun se presente, et c'est parti pour une heure de piste. J'arrive a Tingo vers 7h00, je fais qqes courses pour pouvoir camper près des ruines et je part pour 3-4 heures de marche. Arrivé là haut, je mange et je part pour une visite avec l'ancien directeur chargé du tourisme dans la region... La classe quoi. Je suis avec un Belge, un Suisse, un Anglais et un Canadien (et ça se fini pas histoire drôle...). Le site est magnifique, les commentaires aident beaucoup. Enfin un bon guide !!!
On me propose de me redescendre vers Chacha mais je leur explique (ils sont montés ensemble mais ne sont pas ensemble) que je compte camper dans le coin. Ils trouve ça bizarre mais pourquoi pas. On se quitte, et ils me souhaite bonne chance (en français, en anglais...)
Je redescend un peu, je trouve une aire plutôt plate (on est en montagne, a 3000 m.) et je plante, je mange, j'admire le couché de soleil. Dommage que le ciel soit si couvert (j'ai crains la pluie a un moment mais non) car c'est nuit de plein lune. tant pis. Dodo... a 20h00. J'entendrais les vaches grimper et descendre le chemin, leurs sabots claquant contre les pierres.
Le lendemain, je me reveille dans les nuages, la tente est trempée... Je remballe quand même, le soleil ne voulant pas se montrer.
Rendu a Tingo, j'attend qu'une voiture passe pour aller a Chachapoyas pour mon histoire de gaz.
Mais je rencontre une petite dame qui me dit que Leymebamba, c sympa et qu'il y a un bus a une heure de l'aprem. Je lui raconte mon histoire de gaz, elle me dit qu'a chachapoyas, il y en a, forcement. Et bien voilà, c génial, je rentre sur Chacha, jáchète mon gaz et je repart pour Leymebamba ! Je continue donc a attendre et je prend un combi (oú on peut rentrer a 20 quand même...), je ne passe pas inaperçu avec ma couleur de peau, surtout qu'il y a un bébé tout blanc bien que péruven et qu'on veut absolument me faire dire que c'est le mien ! Beh non, no es mio !
Arrivé a Chacha, je retrouve de vieux copains, 2 garçons qui m'avaient abordés dès 5 heures du matin, lors de mon arrivée. Ils me disent qu'ici non plus il n'y a pas de gaz... Grosse déception... Dépité, je me resigne a prendre un hotel pour la nuit. Et réflechir a la suite des evenements. Il est 11h30, je dois rendre la chambre a midi, un bus part pour Leymebamba a midi aussi et je n'ai pas pris de décision... Je crois que je vais y aller. Le coin est beau, je vais regretté de ne pas m'y etre plus aventuré. Et puis, qui sais, je tomberai peut-être sur une jeune australienne qui rentrera au pays et qui me depannera d'une bonbonne neuve ! Oui, je sais, je rêve, je rêve...
Allez, a plus.
Chao.
Mateo
Je vous file l'adresse du blog de Benoit, il y a de belles photos, de beaux articles, enfin voilá, un blog sur un trip de 8 mois en Amerique du Sud, ça valait bien un aussi beau blog. Félicitations d'ailleurs, Ben.
http://benoitauchili.blogspot.com May 28 Retour a LimaApres un trek bien sportif de 3 jours et 2 nuits, une derniere soirée sur Cuzco avec Benoit et Claire dans ¨La petite France¨, on est tous partis vers de nouvelles aventures. Benoit rentre vers le Chili pour reprendre son avion le 12, et Claire et moi on est rentrés sur Lima. J'ai racompagné Claire a l'aéroport hier après-midi, elle partait a 20h00, elle avait 6 heures d'attente a Madrid donc lá elle doit etre... au milieu de son attente, il ne doit lui rester ¨que¨ 3 heures d'attente. Je sais pas pourquoi je vous dis ca mais bon...
Et moi alors ? Bah oui, moi je reste seul ici pour les 2 dernieres semaines, jusqu'au 12 juin. Je sens deja qqes coeurs qui battent plus vite mais allons, le Pérou, c'est pas le Pérou... Et puis 3 semaines avec Benoit, ca aide pour la communication. Et je m'eloigne des grosses villes... Fini Lima, fini Cuzco... Demain ce sera Cajamarca et ses vertes contrées, les parcs nationaux du Nord Perou, les montagnes ( ca ca ne change pas...)
Je pense a vous, que vous soyez a Nantes, près de Nantes, a Toulouse evidement...
Allez, je vous laisse.
A+
Mateo May 18 Puno, Taquile, Cuzco, Aguas Calientes, CuzcoJ'ecris de Cuzco. Il fait beau. Il fait chaud.
Aujourd'hui vendredi, qqes visites de prevu. Rien de très emballant.
J'attend le trek avec Benoit et Claire avec impatience.
Sinon... Bah hier, c'etait repos. On eteait a Aguas Calientes, pres du Picchu. On est parti vers 17h de la-bas, avec le petit flot de touriste. et on est arrivé vers 22h a l'hostal, dans un beau quartier, San Blas.
Mercredi, c t le Machu Picchu. Mouais, c tres surfait en fait.............
Bon, non, c genial. Etre sur un site qui a plusieurs siecles d'histoire. 450 ans a avoir ete laissé en friche quand mème ! Bon, apres, un british a remis le nez dessus et pis c'est devenu ce que c devenu. Allez voir sur Google Earth, on voit tres bien les lacets de la route qui mène au site... On a vu le Dieu Inti se lever et se coucher sur le site, magnifique. C de la pierre, de la verdure, le tout entouré des montagnes Machu Piccu, Wackapicchu ( jeune montagne) et puis Vielle Montagne, et Jeuness Eternelle dont, vous m'excuserez, j'ai oublié les noms en quetchua... On peut grimper sur Wacka (c pour ça que je m'en souvient, c tres haut, c tres beau), on peut aussi grimper sur une autre montagne, moins hautes mais aussi moins frequenée, on y a passée une heure, seul au monde avec le Machu en contre bas... J'aurais bien planter la tente pour le nuit..... si on avait pas ete sur un simple caillou.
Les bus sont "Ecologico", je vous juge ! Bon, il marche au pétrole, je vois pas ce qu'il ont d'ecolo (peut-etre pas de clim ?!) mais ça doit faire bien de le dire, et les Americains doivent avoir bonne conscience avec ça. Bon, nous on est parti a 4h10 du matin pour arriver en avance, on est parti a pied, sinon c 10$ le bus. Deja que l'entree est a 120 soles (30 euros, je sais ça parait rien mais quand on sais qu'on peut tres bien manger pour 10 soles, ça coince un peu... Et aussi qu'il y a un tarif special touriste. Mais, je sais, on est riches, nous, donc on doit banquer.)
Et le train ! Et oui, faut en parler du train, 2 tarifs, un pour les locaux, un pour les touristos. Nous c'etait 233 soles (60 euros)...
A Aguas Calientes, il y a des Thermes d'eaux chaudes (il ont pas ete chercher loin le nom de la ville...) : les tarifs, 10 soles pour nous, 1 sol pour eux. Mais je sais, c presque pas anormal...
Avant ca, il y avait eu Puno le samedi et l'ile de Taquile le dimanche - je sais plus si j'en ai parle de celle la, je crois pas, alors, c une ile de 2000 habitants, totalement autogerees, ils sont agriculteurs, leur devise c'est "Ne pas voler, ne pas mentir, ne pas faiblir". En d'autres termes, vous perdez votre passeport la bas, l'ile est mobilisee pour vous le rendre..., et le "ne pas faiblir", c que quand faut y aller, faut pas faire la sieste. Les gens sont extrement gentils - ensuite du bus de nuit direction Cuzco, arrivée a 5h30, ensuite du train direct apres, direction Aguas Calientes, arrivée 11h00; Mardi a Aguas, le Macchu le mercredi, jeudi a Aguas, vendredi a Cuzco.
Les villes me sortent par el nariz, vivement le trek (deja dit ?)
A la prochaine.
Matt May 13 Novelas PeruanasUne semaine...
Voila une semaine pratiquement, 6 jours plus exactement, que le petit Nicolas est en place et c'est déjà mouvementé...
Non, je blague, voila une semaine que je suis au Pérou et j'au l'impression que ça en fait 2... Entre l'arrivée dans un Lima en ebullition, les heures de cars que je ne compte plus, le trek de 3 jours près d'Arequipa, dans les gorges de Colca, le petit rhume qui va bien, l'air pollué, je suis un peu HS... Mais juste un peu car ce n'est pas fini, demain, de Puno, on prend le bateau sur le lac Titicaca (Tigre gris en quechua) pour l'ïle du Soleil.
Je ne sais pas vraiment quoi raconter, le Perou, c'est comme la France quelquepart... des riches, des pauvres, la societe de consommation, des paysages desertiques sur la cote ouest, des montagnes vertes pres d-Arequipa, et des poulets. Il est vrai que le police est bien representee ici mais c-est surtout l-animal qui domine, fris et avec des papas y con una salada : 8 soles le 1/4 soit 2 euros... Je crois que j-ai grossi...
Je suis a la lettre les conseils du Lonely Planet qui nous preconise de ne pas boire d-eau mais plutot de la cerveza. Bon, je pense avoir l-estomac solide car on a bu une sorte de Tang, mais si la vieille boisson orange bien degeu, et elle a fait des deguats.
La nourriture est a profusion ici. Partout on peut manger de tout et tout le temps.
Comme lors du 3eme jour de trek (qui etait en fait une nuit, puisque l-on est parti a 2h du matin gambader a travers la montagne, inoubliable et je le referai dans les pyrenees, avis aux amateurs), on rencontre, au detour DU chemin 2 petites dames qui nous propose qqchose a manger et du Mathé, du thé a la coca. Dit comme ça, ça n·a l·air de rien mais cça surprend...
Par contre, pour les souvenirs, il faudra attendre un peu car l-envie d"acheter n-y est pas...
A bientot
Mateo |
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